Dr Gilles Schutz, Président du syndicat FHP-Dialyse.

Vous venez d’être réélu à la présidence de la FHP-Dialyse pour un mandat de 3 ans, quel bilan faites-vous des 3 années passées ? 

Le plan d’économie triennal sur le traitement de l’insuffisance rénale par dialyse a principalement impacté la dialyse en centre et donc notre secteur, avec des baisses de tarifs de plus de 12 %, amenant les tarifs de la dialyse en centre quasiment à ceux de l’unité de dialyse médicalisée (UDM).

Si la DGOS était prête à proposer une simplification des normes de fonctionnement en dialyse afin que des normes de compétence, de qualité et de soins soient substituées aux normes de moyens qui prévalent actuellement, nos propositions ont rencontré un front d’opposition des différents professionnels.

Nous avons pourtant multiplié les rapports avec les représentants de notre secteur, le SNL (Syndicat des néphrologues libéraux) notamment, afin d’évoquer ensemble nos problématiques communes mais également pour trouver des solutions aux points de divergence.

Nous avons eu des rencontres constructives et ouvertes avec les associations de patients (France Rein), et la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation (la SFNDT), en vue de la création en 2016 d’une alliance pour le rein, nécessaire et indispensable pour formuler des propositions communes auprès des pouvoirs publics, notamment sur la question de l’organisation et des financements.

La FHP-Dialyse soutient le fait qu’un promoteur puisse disposer d’une seule autorisation pour le traitement des insuffisants rénaux, qui lui permette ensuite de proposer les modalités de prise en charge les plus adaptées à l’état des patients, selon la  règle : qui peut le plus (dialyse en centre) doit pouvoir faire le moins (l’ensemble des autres modalités). Ceci afin d’éviter des ruptures de prise en charge, faute de disposer sur place des modalités adéquates.

Nous avons par ailleurs réagi aux différentes attaques à répétition contre nos médecins, au rapport de la Cour des Comptes de 2015 et à celui du HCCAM de 2016 comprenant tous deux des développements sur l’IRC, insistant sur le fait que les patients dialysés sont souvent plus âgés, dépendants et polypathologiques, et en conséquence ont besoin d’un accompagnement en structures dites « lourdes », telles que les centres d’hémodialyse et les unités de dialyse médicalisées (UDM).

La FHP-Dialyse a également élaboré une charte de prise en charge des patients insuffisants rénaux, en commun avec le SNL. Cette charte a permis de proposer une alternative à celle de l’association d’usagers Renaloo, dont les communications, notamment au sujet du libre accès aux données du registre Rein ont suscité de notre part de vives réactions.

Quels sont les projets de la FHP-Dialyse ?

Nous avons lancé plusieurs projets en 2017 : un projet de recherche sur le profil des patients accueillis dans les centres privés de dialyse (à partir des données du registre Rein), et la mise en place d’un groupe de travail sur les parcours de soins, de santé et de vie d’un patient souffrant de maladie rénale chronique et d’insuffisance rénale chronique terminale. Nous développons aussi des partenariats dans le cadre du projet d’alliance pour le Rein, avec le SNL, la Société savante et France Rein. Notre expertise doit nous permettre d’être le partenaire indispensable pour qu’une réforme puisse aboutir dans de bonnes conditions pour tous les patients que nous traitons.

Quel doit être l’évolution de la dialyse privée aujourd’hui ?

Une évolution de notre syndicat de la dialyse privée est souhaitable pour ces prochaines années avec une extension du champ d’activité de nos établissements à la maladie rénale chronique, et non plus centrée sur la seule Insuffisance rénale chronique terminale, traitée par épuration extra rénale. Ces nouvelles missions doivent rassembler l’ensemble des acteurs, en impliquant davantage les néphrologues au sein d’un collège d’experts.

La FHP-Dialyse travaillera dans les prochains mois sur ce programme, avec une refonte de sa mission principale d’expertise auprès des centres de dialyse au sein de la FHP et au-delà.

Je souhaite, pour mon prochain mandat, repositionner et réformer la FHP-Dialyse dans ce cadre élargi, afin de lui donner une influence plus large au sein du monde de la santé.

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