Les data, moteurs de l’innovation en e-santé ?

 

D’ici 2020, le volume des datas de santé collectées devrait être multiplié par 50. Afin de les comprendre, les manipuler et les traiter, l’objectif est de savoir capitaliser sur ce nouveau « pétrole » du XXIè siècle de différentes manières : comment utiliser ces informations pour un parcours de soin plus personnalisé ? Quelle conduite à tenir quant à la gestion et sécurisation de ces données ? Quel est son potentiel vis-à-vis de la prévention ? Retour sur différentes webconférences qui tentent d’apporter certains éclaircissements du futur de l’eSanté.

Des Webconférences eSanté pour mieux comprendre

De nombreux médias, collectifs et associations se penchent sur la data en santé au travers de webconférences, colloques et autres meetings. L’association FORMATICSanté a ainsi permis de traiter de cette question en compagnie de différents intervenants : Dr Juan Sebastián Suárez Valencia (président du comité R&D de l’association France eHealthTech), Isabelle Zablit (expert innovation en santé numérique, entrepreneur) et le Dr Christophe Richard (directeur médical, membre du comité santé du Syntec Numérique.)

Il en ressort très globalement que le développement de la « datification » provenant des utilisateurs, des hôpitaux et cliniques, et d’autres logiciels médicaux devient un gigantesque amas d’informations à ordonner et à sécuriser. Ces data ne représentent pas seulement un élément de risque pour la vie privée, elles constituent aussi un énorme potentiel d’innovation pour les soins, la recherche, l’enseignement…

En octobre 2017, bpifrance avait organisé la 5ème édition de l’atelier Echo, un wébinaire complet sur la question de la gestion de la donnée. Le 25 mai 2018 une nouvelle réglementation va entrer en application. Elle portera sur l’encadrement strict de l’utilisation des datas par les entreprises. L’objectif étant de « renforcer les droits des personnes (droit à la portabilité des données personnelles notamment), responsabiliser les acteurs traitants les données et renforcer la coopération entre les autorités de protection des données. » présente Olivier Desbiey, membre du Laboratoire d’Innovation Numérique de la CNIL.

Les exemples d’utilisation de la donnée

Si le cadre légal et réglementaire peut constituer un frein, de par une certaine inertie, la donnée a déjà de quoi contribuer à instaurer une nouvelle relation à la santé. Pour Odile Peixoto, directrice Santé de BVA Group, “le malade veut donner un sens à ses données, c’est le rôle du médecin de le faire. » La data peut agir en intermédiaire pour compléter un diagnostic, une analyse et agir en fonction des éléments retenus. Toujours selon ses propos, 32 % des patients atteints de maladies chroniques se déclarent prêts à partager leurs données à leur référent santé.

Cette tendance de la démocratisation de la donnée va conforter ses 3 exemples d’utilisations de la donnée soutenus par 3 projets innovants :

  • Détecter les complications : des systèmes de surveillance en continu existent déjà dans ce sens. Smart Angel permet d’agréger du contenu patient et de générer des alertes permettant de détecter d’éventuelles complications.
  • Alerter le médecin : Implicity développe un système de suivi à distance de ses patients équipés d’un pacemaker ou défibrillateur. L’outil se connecte au dispositif pour analyser les signes vitaux et informer ou alerter automatiquement le médecin si nécessaire.
  • Faire gagner du temps au personnel soignant : Cardiologs a développé un logiciel d’interprétation d’électrocardiogrammes permettant de prendre une décision clinique. Le logiciel est alimenté d’une base de données gigantesque recensant des personnes en bonne santé et d’autres porteuses de problèmes cardiaques.

Face au potentiel décuplé par la data, l’eSanté a probablement de beaux jours devant elle en termes d’innovation et de nouvelles démarches de soins. Mais, une fois de plus des freins subsistent. Alexandre Le Guilchier directeur Innovation R&D d’Evolucare souligne un point majeur : « le cadre réglementaire évolue plus lentement que la technologie du secteur (IA, collecte de data …) ».

(1) commentaire

  1. La réflexion et les produits sont intéressants mais spécialisés, ce qui va entraîner la multiplication des dispositifs.
    Il faudrait concevoir une plateforme d’usage général, et/ou multimodale, dont la spécialisation ad hoc puisse être téléchargée (avantage: réactivité et autonomie), ou fournie par des services en réseau (avantage: pertinence et multiplicité des usages), ou les deux.

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