Transformation du système de santé en France : où en est-on en 2018 ?

Dans un rapport intitulé « Le grand plan d’investissement 2018-2022 » remis au Premier Ministre par Jean Pisany-Ferry, des plans de modernisation des territoires de la santé sont largement évoqués. Le budget alloué à ce plan global est de 57 milliards d’euros, dont 5 milliards dédiés à la santé. La question est de savoir quelle part de ce montant sera consacrée aux services purement digitaux (télémédecine, IA, modernisation de l’hôpital numérique …)
Retour sur les grandes mesures à retenir de ce plan de modernisation.

Santé : la volonté française de rattraper son retard

D’ici la fin du quinquennat, le plan d’investissement devrait mettre en place une série de mesures fortes. En termes d’e-santé, la volonté du gouvernement est de combler les retards pour faire de la France l’un des fleurons mondiaux à ce sujet. C’est d’ailleurs l’un des cinq grands chantiers structurant la « Stratégie de transformation du système de santé »présenté en février 2018 par Agnès Buzyn.

La période 2018-2022 doit ainsi permettre une transformation de l’offre de soins « qui doit aboutir au décloisonnement des acteurs et à la résolution des inégalités sociales et territoriales de santé. » Cette prise de conscience est justifiée par certains éléments propres à la société (vieillissement de la population, développement des maladies chroniques) et par une plus grande volonté de s’ouvrir au numérique chez les professionnels de santé.

Des exemples d’initiatives pour l’e-santé

De manière concrète, les 5 milliards d’euros réservés à la transformation du système de santé vont permettre de se focaliser sur de grands chantiers autour de la santé connectée :

  1. Numériser les hôpitaux pour rapprocher ce milieu avec ses patients. Ces derniers pourront prendre des rendez-vous et payer en ligne ou aussi avoir un suivi médical à distance d’un de ses proches. Cette initiative vise également à accélérer le rapprochement entre hôpitaux et professionnels de santé de la ville pour optimiser l’échange de données médicales et harmoniser le partage d’informations de santé. (420 millions d’euros).

  2. Assurer une prise en charge mieux coordonnée du patient grâce à la meilleure fluidité des échanges de datas de santé et à une optimisation des plateformes d’analyses et d’agrégation des données.

  3. Déployer la télémédecine encore davantage pour renforcer la présence médicale sur les territoires ruraux et ultramarins notamment (50 millions d’euros).

  4. Développer des outils d’intelligence artificielle permettant d’améliorer la prévention, les traitements et le suivi des patients au quotidien. Le but à terme est de structurer les bases de données pour faire émerger un véritable écosystème d’intelligence artificielle dédiée à la santé. (100 millions d’euros).

Un budget e-santé insuffisant, mais des opportunités pour les entreprises.

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/174000710.pdf

L’e-santé sera essentielle pour mener à bien chacune des initiatives proposées. Mais le budget alloué aux investissements purement numériques représentera 670 millions d’euros sur 5 ans, soit environ 13,4 % du montant total dédié à la transformation du système de santé. Une somme jugée insuffisante pour Isabelle Zablit-Schmitz, consultante et entrepreneur en sciences et technologies : « Ailleurs, les programmes étudiés ont une durée moyenne de trois ans, avec un financement moyen de l’ordre de 3 milliards d’euros »

Ainsi ce qui ressort de cette analyse est que les entreprises tierces comme les mutuelles ont le champ libre pour développer leurs propres services. De plus en plus d’organismes du type intègrent des applications e-santé pour se distinguer. Le groupe Vyv, l’un des pionniers en la matière, revendique plus de 50 000 utilisateurs sur ses 2 plateformes de coaching, Vivoptim et Betterise.

Avant de pouvoir appliquer les initiatives et enclencher les gros chantiers, le mois d’avril va permettre d’organiser des consultations institutionnelles patients-professionnels avant la mise en application des premières actions à la fin du mois de mai. L’e-santé pourrait ainsi être officiellement reconnu comme l’outil complémentaire que le secteur espérait.

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