Solutions hydroalcooliques : des bactéries deviennent résistantes

Solutions hydroalcooliques, hôpital, bactéries

Depuis 2002, les désinfectants à base d’alcool sont utilisés de manière très importante par les soignants dans le milieu hospitalier. Initialement prévus pour lutter contre la bactérie SARM ou le staphylocoque doré, ces produits sont remis en cause par une étude australienne parue le mercredi 1er août 2018. Les chercheurs ont détecté le développement de la bactérie Enterococcus faecium présente dans la flore intestinale et de plus en plus résistante à l’isopropanol dans les solutions hydroalcooliques.
Quels sont les constats essentiels soulevés par cette étude et quelles préconisations pour contrôler la mutation de cette bactérie ?

Une nouvelle source d’infections nosocomiales

Entre 2012 et 2017, une enquête de Santé Publique France révèle que le nombre de cas d’infections nosocomiales est restée stable, touchant un patient hospitalisé sur vingt. (4,98 % en 2017 contre 5,1 % en 2012) Elles se définissent par toute infection contractée à l’hôpital dont la survenue intervient au moins 48h après une hospitalisation.
La récente étude australienne publiée dans Science Transnational Medicine est donc venue mettre en cause la progression d’une nouvelle bactérie, constituant un potentiel danger dans les hôpitaux et cliniques :
« Les infections à l’E. faecium, résistantes aux antibiotiques, ont augmenté malgré l’utilisation de désinfectants à base d’alcool, et représentent aujourd’hui une cause majeure d’infections nosocomiales », rapporte l’étude.
En effet, les échantillons bactériens prélevés par les chercheurs révèlent une résistance dix fois plus importante à un produit contenant 23 % d’Isopropanol après 2010 que les isolats avant 2004.

Solutions hydroalcooliques : ne plus uniquement compter sur ces solutions en hôpital

Selon les données fournies par le rapport, l’E. faecium serait responsable de 10 % des infections nosocomiales dans le monde, ce qui constitue respectivement la quatrième et cinquième cause de septicémie en Amérique du Nord et en Europe.
Ainsi, pour l’un des auteurs de l’étude, Tim Stinear :
« Nos résultats ne sonnent pas le glas des gels antibactériens pour les mains, mais ils montrent qu’on ne peut pas uniquement se reposer sur des désinfectants à base d’alcool pour contrôler l’E. faecium en milieu hospitalier »

La norme dans les hôpitaux se situe à 70% d’isopropanol. Avec ce dosage, « l’élimination des bactéries était totale, sans différences entre les différents prélèvements », tempèrent les chercheurs.

Le cœur du message de cette étude réside dans le fait que les gels hydroalcooliques ne doivent pas être abandonnés, mais plutôt complétés par d’autres solutions dans les milieux hospitaliers. Les chercheurs ont également tempéré leur étude en rappelant qu’une concentration d’Isopropanol de 70 %, norme hospitalière, permet l’élimination des bactéries.
Philippe Glaser, responsable du laboratoire écologie et évolution de la résistance aux antibiotiques à l’Institut Pasteur l’a également rappelé : les produits hydroalcooliques sont encore le moyen le plus sûr pour lutter contre la transmission des microbes.

SOURCES :

https://www.ouest-france.fr/sante/sante-des-bacteries-resistent-aux-gels-hydroalcooliques-dans-les-hopitaux-5907122

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/dermato/infections-nosocomiales-des-bacteries-resistantes-aux-gels-hydro-alcooliques_121283

https://sciencepost.fr/2015/07/gel-hydroalcoolique-dangereux-sante/

http://www.whatsupdoc-lemag.fr/actualites-article.asp?id=26778

https://www.lesfurets.com/mutuelle-sante/actualites/hopitaux-bacteries-gels-hydroalcooliques-tuent-pas

http://www.lepoint.fr/sante/gels-hydroalcooliques-les-bacteries-auraient-elles-trouve-la-parade-23-02-2018-2197495_40.php

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