Actus Santé du 13h du 16/10/2018

Ubu dans les transports

Chaque semaine, Le 13h publie un cas ubuesque de financement de transport transmis par un adhérent.
Ces cas extrêmes existent ! Pour les cas les plus courants, se référer à la dépêche expert n°423 – transports sanitaires et ses annexes.

Une patiente est dialysée dans le centre lourd d’une clinique depuis plusieurs années. Amputée, elle est hospitalisée dans le seul centre SSR du territoire spécialisé pour sa convalescence et l’appareillage que son état nécessite. Il se trouve à 75 km. Les néphrologues de la clinique demandent une prise en charge par le centre lourd de dialyse de recours de proximité qui est à 10 km du SSR.
Réponse : pas de place. Pourquoi d’ailleurs accepterait-il de prendre en charge ces patients dès lors que le transport est désormais à leur charge ? Cette patiente doit venir 3 fois par semaine (2h de trajet en ambulance aller/retour) se faire dialyser dans sa clinique de suivi. Coût aller/retour en ambulance : 574 €, alors que le forfait s’élève à 138 €. Dans ce cas, le coût hebdomadaire pour la clinique s’élève à environ 1 300 €. Pour rappel, le GHS de dialyse est de 290,42 €.

Ces trajets longs pénalisent la patiente ; les coûts de transport importants pénalisent la clinique. Perdant-perdant !

Tarifs 2019 : quel volume d’activité sera retenu ?

L’augmentation du volume de l’activité du secteur est un élément essentiel de l’élaboration des tarifs. L’Observatoire économique fait état dans son dernier rapport d’une augmentation de 0,8 % entre les taux de 2016 et 2017.

Une augmentation du volume d’activité de 1,9 % était retenue pour  cette même campagne tarifaire 2017 : un chiffre retoqué chaque année par la FHP-MCO qui, à l’inverse, constate une sous-exécution de l’enveloppe dédiée à l’hospitalisation privée. À enveloppe constante, une augmentation du volume impacte les tarifs à la baisse. Cette situation légitime à nouveau le dégel à 100 %  du coefficient prudentiel.

Délai de rdv. : des résultats encourageants

La Drees a publié une enquête sur les délais d’attente en matière d’accès aux soins, réalisée auprès de 40 000 personnes. Bien que des efforts restent à faire, les résultats sont encourageants.

Même s’il faut en moyenne 6 jours pour obtenir un rendez-vous chez le généraliste et jusqu’à 80 jours chez l’ophtalmologiste, 49 % des rendez-vous chez un généraliste sont obtenus dans les 2 jours et un quart des demandes de rendez-vous sont satisfaites dans les 20 jours chez l’ophtalmologiste. Surtout, quelle que soit la spécialité concernée, les délais d’attente sont plus courts pour les demandes liées à l’apparition ou l’aggravation de symptômes. Dans plus de 8 cas sur 10, les délais pour obtenir les rendez-vous sont jugés « rapides ou corrects » par les Français, sauf dans deux spécialités. Et lorsque la demande de rendez-vous n’aboutit pas, ils s’orientent vers un autre médecin : seulement 3 % ont recours aux urgences hospitalières. C’est en ophtalmologie, dermatologie, cardiologie, gynécologie et rhumatologie que les délais sont les plus importants. Les temps d’attente sont plus longs dans les communes où l’accessibilité géographique aux professionnels de santé est faible, notamment dans les petits et moyens pôles et dans les communes hors influence des pôles.

Un « résultat encourageant » pour Thierry Bour, Président du Syndicat national des ophtalmologistes de France (SNOF). « Deux ans après le lancement de la campagne Zéro délai pour 2022 et la mise en place de nombreuses solutions comme la délégation de tâches et les protocoles organisationnels, les délais d’attente se stabilisent, et même se réduisent par rapport à d’autres études antérieures. » Le SNOF tire toutefois la sonnette d’alarme : « Cette année encore, il n’y a que 155 postes ouverts en ophtalmologie, ce qui est loin d’être à la hauteur des besoins, et impacte directement l’accès aux soins. Un ophtalmologiste sur deux partant à la retraite n’est pas remplacé. »

Cartographie de 56 pathologies

L’Assurance maladie a mis en ligne sur ameli.fr 56 cartes de France des pathologies les plus fréquentes sur le territoire et les dépenses afférentes.

Quelle est l’évolution du poids dans les dépenses d’Assurance maladie des 56 pathologies les plus fréquentes sur le territoire ? Pour y répondre, les données de remboursement de plus de 57 millions de bénéficiaires ont été exploitées. Ces cartes permettent notamment de visualiser les disparités géographiques de prise en charge sur le territoire.

De plus, les données brutes (sous la forme de tableaux Excel) sur les dépenses remboursées au global chaque année pour une pathologie donnée, ainsi que les dépenses moyennes remboursées par patient, et ce, de 2012 à 2016 sont publiées. En plus d’évaluer le poids respectif des différentes pathologies, ces jeux de données permettent d’affiner l’analyse des dépenses en fonction des différents postes de soins (consultations, médicaments, analyses de biologie, hospitalisations…) précise la CNAM.

Enfin, les 56 fiches pathologies sont réactualisées ; elles décrivent les caractéristiques des patients pris en charge (âge, sexe, taux de décès, fréquence selon le niveau géographique, dépenses d’Assurance maladie afférentes…).

À retrouver dans l’espace « Ressources » de ameli.fr

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