Dr Thierry Morvan, DGA de la Polyclinique Côte Basque Sud à Saint-Jean-de-Luz

« Une volonté de convergence de la qualité et de la sécurité dans les établissements de soins. »

Le Club Pharmacie de la FHP-MCO se réunissait durant la journée des métiers le 28 mars dernier. De quels sujets avez-vous débattu ?
Tous les sujets abordés – conciliation médicamenteuse, Caqes, sérialisation, liste en sus et validation indication – se rejoignent sur un point : une volonté de convergence de la qualité et de la sécurité dans les établissements de soins.
Nous avons fait un point sur la sérialisation des médicaments, qui globalement, est accueillie de manière mitigée par les pharmaciens et les établissements, du fait d’une mise en place difficile à équivalent de RH. La version bêta fait remonter plusieurs problématiques : manque de maturation des systèmes d’information, questions juridiques, organisationnelles au sein des PUI, RH, techniques, financières. Tout ceci explique qu’à J30, seulement 10 à 15 % des médicaments sont sérialisés. Un code agrégé/consolidé sera à terme intégré dans le système de répertoire de l’UE, afin de faciliter le travail des PUI, en particulier de celles des gros hôpitaux qui reçoivent les médicaments par palettes. Enfin un thème récurrent est la charge financière d’une telle organisation, logiciels et affectation de ressources humaines supplémentaires sur cette fonction, sachant que les PUI sont considérées par les établissements comme un service à charge.

Un grand temps était consacré à la conciliation médicamenteuse, qu’en est-il ?
« Le patient (ou l’aidant), omet ou méconnaît » la liste exhaustive des médicaments qu’il prend. Aussi, dans la conciliation médicamenteuse, il est nécessaire de maîtriser la complétude du juste traitement à tous les points de transition, pendant tout le parcours du patient, et de communiquer à toutes les interfaces les travaux de conciliation réalisés au fil du temps. La conciliation médicamenteuse est médico-pharmaceutique et est un outil d’optimisation : des traitements, de la prévention des erreurs médicamenteuses, du bon usage, du repérage des patients à risque, des hospitalisations évitables, des problèmes d’iatrogénie et in fine des dépenses de santé. Une conciliation médicamenteuse pourrait devenir le passeport médicamenteux du patient. Enfin, la conciliation médicamenteuse est un travail de collaboration médecin/pharmacien, car les uns ont une compétence que les autres n’ont pas et vice et versa, celle de réajuster certains traitements, bien entendu sous la responsabilité médicale. La conciliation reste un vrai problème dans la pratique, cette dernière instaure un début d’acculturation des PS et son impact en santé publique et en économie de la santé est importante.

Concernant le Caqes il initie la transversalité des processus de la sécurité et qualité du soin. À l’heure actuelle, il est peut-être temps d’entrevoir la convergence des Caqes nationaux. Les volets optionnels, souvent en rapport avec les régions, posent de gros problèmes aux pharmaciens. On compte approximativement plus de 200 indicateurs, qui sont tous variables, non superposables, donc non éligibles à du benchmarking. Le Caqes a besoin de gagner en maturité, la DGOS l’a pris en compte.

Et la e-prescription ?
La e-prescription est attendue de tous les acteurs car elle va faciliter l’activité des médecins, des pharmaciens et de la coordination sanitaire (médecins, pharmaciens, paramédicaux). Elle constitue un grand pas pour la santé. L’Assurance maladie expérimente depuis octobre 2017 une solution de dématérialisation partielle du processus de prescription des données entre les médecins, les pharmaciens et l’Assurance maladie, par l’intermédiaire d’un QR Code 2D imprimé sur la prescription. Une deuxième phase d’expérimentation sera menée à partir de mi-2019, avec une généralisation envisagée d’ici fin 2019, après un bilan partagé avec les représentants des médecins et des pharmaciens.

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