Actus Santé du 13h du 15/04/2019

Exercice libéral : une aspiration peu concrétisée

L’enquête de la commission jeunes médecins du CNOM révèle que si 75 % des jeunes médecins envisagent une activité libérale et/ou mixte, seuls 12 % des nouveaux inscrits au tableau de l’Ordre s’installent en libéral (versus 62 % en salarié).

Sur les plus de 15 000 répondants, 52 % ont moins de 40 ans, plus de 10 000 sont déjà installés, presque 2 500 sont encore internes et plus de 2 000 sont remplaçants, 90 % sont spécialistes.

Un décalage très net se dégage entre l’aspiration et la concrétisation du projet professionnel : 75 % des jeunes médecins envisagent une activité libérale et/ou mixte, mais seuls 12 % des nouveaux inscrits s’installent en libéral. À l’inverse, si seuls 19 % envisagent au départ un exercice salarié, 62 % le sont finalement. 65 % des médecins remplaçants envisagent de s’installer à une échéance de moins 3 ans et 57 % des internes d’ici 3 ans.

Un soutien financier à l’installation n’est que peu ou partiellement déterminant pour 48 % des internes, 47 % des remplaçants, et est sans influence pour 69 % des médecins installés.

La proximité familiale et la présence de services publics sont en revanche déterminantes, respectivement à hauteur de 61 et 62 % pour les internes, et 60 et 57 % pour les remplaçants. La présence de services publics est déterminante pour 55 % des médecins installés.

Le conjoint influence le projet d’installation, pour 86 % des internes ayant un conjoint et pour 77 % se projetant avec un conjoint et est « tout à fait important » pour 41 % des médecins installés.

La présence sur le territoire d’autres professionnels de santé ou d’un hôpital est déterminante ou plutôt déterminante pour 87 % des remplaçants, 81 % des internes et 59 % des médecins installés (principalement les plus jeunes).

Les horaires de travail ont déterminé le choix de l’exercice libéral ou salarié pour 46 % des médecins installés.

72 % des internes plébiscitent un exercice en MSP ou en exercice coordonné.

La possibilité d’un risque économique est tout à fait ou plutôt un frein à l’installation pour 43 % des remplaçants et pour 59 % des internes.

81 % des médecins installés ont été des remplaçants exclusifs. 41 % se sont installés sur leur territoire de remplacement, et 57 %, non.

15 % des Français n’honorent pas leur rdv

Selon une enquête Odoxa/MNH, 70 % des professionnels de santé disent que ces défections ont des conséquences importantes sur l’organisation de leur travail et 88 % des Français le savent. DoctoChrono qui vend des rdv a suspendu l’activité de sa plateforme sous la pression du CNOM.

Le dernier baromètre « Carnet de santé » réalisé par Odoxa pour la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH) le montre : 90 % à 97 % des médecins voient leur agenda bousculé. Cette défection ne s’explique même pas par une raison « valable » (impondérable majeur de dernière minute), mais tout simplement parce que les patients ont « oublié » leur rendez-vous ! (48 %). À l’hôpital, 90 % des soignants ont déjà eu des patients qui ne se présentent pas à leur rendez-vous, sans prévenir à l’avance. D’ailleurs 84 % des Français comprennent que ne pas honorer un rdv médical est grave car « cela désorganise le médecin et prive quelqu’un d’autre de rdv ».

Parallèlement des plateformes de prises de rdv se développent. Sous la pression de l’UFML-Syndicat, dénonçant une « marchandisation du soin », puis du CNOM, la plateforme DoctoChrono, qui propose un service payant de « conciergerie médicale » pour la prise de rendez-vous sous 48h en imagerie et dans certaines spécialités, a suspendu ses activités.

508 inscrits à un EPU

La clinique des Lilas (93) peut s’enregistrer au livre des records. Les EPU, si souvent difficiles à organiser par les établissements de santé, ont toute leur utilité.

Le thème « Le genou dans tous ses états » a rassemblé – dans un cinéma faute de place dans la clinique – des médecins généralistes, spécialistes, kinésithérapeutes de tous les arrondissements de Paris et du 93. Une notoriété de la clinique qui a joué à plein mais aussi une « volonté de mieux se coordonner avant, pendant et après une opération au fil du parcours patient », selon la directrice.

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