Médecine générale : des assistants pour venir épauler les professionnels de santé 

FHPMCO-Médecine-Generale-assistants-medicauxLe Plan Santé 2022 est au cœur de toutes les mutations. Ce projet donne lieu à une série d’amendements, votés ou non par les députés. L’une des mesures phares propose la création de 4000 nouveaux postes d’assistants médicaux qui seront financés dès 2019. Cette initiative permettrait de soulager des médecins toujours moins nombreux et de libérer du temps médical. Chaque année en Allemagne, 15 000 nouveaux postes d’assistants médicaux sont créés dans un pays qui mise sur leur rôle depuis les années 1960. Ce modèle d’exercice coordonné pourrait-il alors avoir de beaux jours devant lui en France ?

 

Un assistant pour deux médecins

Les assistants médicaux seront reconnus comme professionnels de santé mais se verront confier des tâches ne nécessitant pas de connaissance médicale (accueil, secrétariat, prise de rendez-vous, vérification des vaccinations, …).

Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF précise que cet assistant ne sera pas uniquement secrétaire mais aussi soignant. Son rôle sera important lors de la phase de pré-consultation. Il pourra prendre la tension, mesurer ou peser un patient, réaliser un test pour contribuer au diagnostic et faire gagner du temps au médecin.

Dans le projet soumis aux médecins libéraux le 10 avril 2019, la Cnam renonce à imposer le ratio d’un assistant pour trois médecins à deux médecins.

En termes de formation, le Ministère de la Santé a rappelé que ces assistants bénéficieront d’un cursus précis et personnalisé en fonction de la nature de la spécialité médicale. Ces postes seront en effet ouverts pour certaines spécialités : gynécologie, dermatologie, cardiologie ou psychiatrie.

La crainte d’une pression supplémentaire au rendement

En contrepartie des avantages présentés, l’ANEMF se montre quant à elle plus méfiante :

« Si cela permet de libérer du temps médical, c’est évidemment très positif mais il ne faudrait pas que cela pousse à augmenter la pression au rendement qu’on met sur les médecins pour qu’ils effectuent toujours plus d’actes », déclare Clara Bonnavion, Présidente de l’association.

De plus, l’Assurance Maladie va financer une partie du salaire des assistants médicaux pour faciliter leur recrutement. Elle va proposer une subvention dégressive de 36 000 euros la première année, 27 000 euros la seconde et 21 000 euros à partir de la troisième année.

Ces accompagnements financiers entraîneront des contreparties relatives à la pratique médicale. Les syndicats médicaux craignent aussi un critère de rentabilité trop important, donc contre-productif. Cela reviendrait à avoir six consultations par heure au lieu de trois avec une patientèle 10 % plus importante, soit environ 1 100 patients pour les généralistes.

Faute de consensus trouvé, les négociations sur le financement d’assistants médicaux seront finalement prolongées pour au moins une nouvelle séance programmée le 9 mai.

Sources :

https://www.lemonde.fr/campus/article/2018/09/19/plan-sante-4-000-postes-d-assistants-medicaux-accessibles-apres-une-formation-d-un-an_5357473_4401467.html

https://www.europe1.fr/societe/assistants-medicaux-a-quoi-va-ressembler-ce-nouveau-metier-3868619

https://www.europe1.fr/sante/plan-sante-4000-postes-dassistants-medicaux-des-2019-3758030

https://www.francetvinfo.fr/sante/politique-de-sante/futurs-assistants-medicaux-les-medecins-generalistes-posent-leurs-conditions_3151083.html

https://www.allodocteurs.fr/se-soigner/bientot-des-assistants-medicaux-pour-epauler-les-medecins_25410.html

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