Revenir au pragmatisme dans la gestion des PUI

L’évolution de la réglementation sur les IBODE nous rappelle celle en place pour les pharmaciens. L’obligation qui leur est faite d’être titulaires d’un diplôme d’études spécialisées pour gérer une PUI nous conduit à des situations d’extrêmes difficultés, en particulier lors des périodes de congés annuels.

La montée en compétence du pharmacien est une avancée au bénéfice de la qualité et de la sécurité des soins. Pour autant, il faut « raison garder » au regard de la pénurie de pharmaciens qui se fait sentir, et concentrer les compétences là où elles seront le mieux utilisées. Le niveau d’exigence doit-il être le même pour tous les établissements de santé, quelles que soient leurs activités ? Les compétences nécessaires sont objectivement différentes, selon que la PUI gère ou non des dispositifs médicaux, une stérilisation ou une Unité de Production des Cytotoxiques.

La dernière réglementation a diminué très sensiblement les ressources pharmaceutiques disponibles pour les établissements de santé. Des études d’impact ont-elles été réalisées à l’époque pour s’assurer de la faisabilité de sa mise en œuvre ? Force est de constater que sur le terrain, au-delà de la surenchère salariale, il est de plus en plus difficile de recruter des pharmaciens pour nos PUI, que ce soit en CDI ou en CDD. On arrive alors à des situations contraires à l’objectif initial d’amélioration de la sécurité pharmaceutique, puisqu’on ne trouve plus de remplaçants.

C’est pourquoi la FHP-MCO soutient, dans le cadre du projet de Loi Santé en cours, les propositions visant à assouplir les normes en vigueur : elle prône la « juste réglementation » pour une exigence adaptée aux différentes activités pharmaceutiques, dans le temps et dans l’espace. De nécessaires adaptations s’imposent pour éviter une « sur-réglementation » illégitime, qui conduit les établissements de santé vers une situation difficile en termes de continuité de service.

Le durcissement de normes ne peut se penser ex-nihilo et de manière binaire. La parole lucide et responsable des acteurs de terrain s’avère une nouvelle fois indispensable.

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