Dr Jean-Philippe Masson, président de la fédération nationale des médecins radiologues (FNMR)

Qu’est-ce que le programme DRIM France IA ? 

DRIM France IA, c’est l’idée de toute une profession : la radiologie française. Les querelles entre public et privé se sont effacées pour ce projet.

Il s’agit de s’unir pour avoir accès rapidement aux outils d’intelligence artificielle, en profitant de ce sur quoi nous pouvons capitaliser : nos données.

Face au coût des outils d’intelligence artificielle, nous avons cherché des moyens de les financer. Nous avons 5 années d’archivage utilisable soit une base de 500 millions de dossiers, qui s’enrichit chaque année de 100 millions de dossiers supplémentaires.

À partir de cette richesse, nous avons décidé de construire un écosystème particulier, basé sur des transactions d’échange: les radiologues proposent ces données gratuitement aux industriels, en échange de quoi ces derniers mettent à leur disposition des outils et des logiciels d’intelligence artificielle. Nous avons fondé une association à but non lucratif.

Quels sont les avantages de ce système ?

Les outils d’intelligence artificielle ainsi obtenus pourront être consacrés à l’usage courant, mais aussi à la recherche, à la formation des futurs radiologues et enfin, à la formation continue de ceux qui exercent déjà.

Notre écosystème DRIM nous permet également d’accompagner la recherche et de formuler aux industriels ce dont nous avons réellement besoin, du point de vue de la pratique.

De plus, cela permet à la France de se profiler dans ce domaine de pointe. J’ai d’ailleurs récemment intégré le groupe de réflexion sur l’intelligence artificielle du American College of Technology, à Chicago.

Notre projet n’a pas vocation à rester enfermé dans la radiologie. Il doit s’ouvrir vers les autres spécialités, la médecine nucléaire, la cardiologie, la gastroentérologie, toutes les spécialités qui utilisent l’imagerie : pour le suivi thérapeutique, pourquoi ne pas raccrocher sur la banque génomique et faire de la médecin prédictive… C’est un projet qui ne peut que se développer dans l’avenir.

Doit-on s’inquiéter des immenses possibilités de l’IA en imagerie ?

Les radiologues n’ont rien à craindre des outils d’intelligence artificielle pour deux raisons. La première, c’est qu’ils les connaissent bien : le scanner, les IRM ou autres, utilisent déjà l’intelligence artificielle. Ensuite, ce qui caractérise l’examen de radiologie, c’est le compte-rendu, et les radiologues vont évidemment continuer à valider les compte-rendus. Car en cas d’erreur, qui pourra être tenu responsable ? Le concepteur de l’outil ? Le manipulateur qui aura appuyé sur le bouton pour lancer l’outil ? Ou bien plutôt, le radiologue, qui est responsable de l’examen ? Les radiologues seront toujours en charge de l’analyse, de l’examen et de la validation. Par contre, l’intelligence artificielle leur fera gagner du temps et ce temps pourra être utilisé pour améliorer la relation avec le patient et mieux leur expliquer les résultats.

Retrouvez le Dr Masson dans le n°31 de Dialogue Santé consacré aux enjeux de l’intelligence artificielle, édité par la FHP-MCO, à recevoir très prochainement dans vos établissements.

 

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