Delphine Colle, chef du bureau « Préparation aux crises de la sous-direction veille et sécurité sanitaire » à la DGS.

Comment le « Plan Canicule » a-t-il évolué ces dernières années ?    
Mis en place en 2003, actualisé chaque année pour tenir compte des retours d’expérience des épisodes vécus, son objectif premier est de prévenir les effets sanitaires et sociétaux d’une vague de chaleur en protégeant les populations les plus vulnérables, et ce, dès la survenue d’un niveau de vigilance jaune météorologique. Il incombe ainsi au préfet de prendre les mesures de gestion adaptées et appropriées aux caractéristiques de l’épisode, pour protéger les populations, en lien avec l’ensemble des acteurs locaux. À ce titre, les maires ont un rôle primordial pour assurer le soutien aux populations en tenant à jour le registre des personnes vulnérables, pour lesquelles des actions spécifiques d’accompagnement et de soutien doivent être mises en place lors de la survenue d’une vague de chaleur. Il leur revient également de diffuser les messages de prévention, de faciliter l’accès à l’eau et aux lieux rafraîchis. Par ailleurs, afin de s’adapter aux nouvelles situations météorologiques connues, la veille saisonnière a été élargie du 1er juin au 15 septembre. Enfin, le terme générique de vague de chaleur a été introduit, qui désigne une période au cours de laquelle les températures peuvent entrainer un risque sanitaire au sein de la population.   

Qu’est-ce que les établissements peuvent mettre en place pour mieux gérer les épisodes caniculaires ?
Les vagues de chaleur peuvent relever d’une situation sanitaire exceptionnelle (SSE), s’agissant d’une situation susceptible d’engendrer une augmentation sensible de la demande de soins ou de perturber l’offre de soins. À ce titre, il est rappelé que, depuis 2004, chaque établissement de santé public ou privé a l’obligation de se doter d’un dispositif de crise pour lui permettre de mobiliser rapidement les moyens de toute nature dont il dispose en cas d’afflux de victimes ou pour faire face à une SSE. Pour aider les établissements à élaborer leur dispositif de gestion des tensions hospitalières et des SSE, le ministère a publié mi-avril un guide de préparation et de gestion des tensions hospitalières et des SSE. Il est donc recommandé à chaque établissement de santé d’en prendre connaissance, et de mettre en place les préconisations de ce guide, et notamment de structurer une cellule de crise hospitalière, et de préparer les outils de réponse préconisés, s’agissant de l’aléa climatique.

Quelles recommandations pourrait-on faire plus spécifiquement aux directeurs d’établissements hospitaliers ?
En première instance, il est recommandé au directeur de l’établissement de santé de désigner un référent SSE, si tel n’est pas déjà le cas, chargé de l’élaboration et de l’actualisation continue du plan de gestion des tensions hospitalières et des SSE. Dans un second temps, il appartient au directeur de constituer la cellule de crise hospitalière et de la piloter le cas échéant.

Lien vers le guide :
https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/le-ministere-accompagne-les-professionnels-dans-la-preparation-et-la-gestion

 

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