Dr Marie-Paule Chariot, présidente de la Conférence nationale des présidents de CME de l’hospitalisation privée (CNP-CME-HP)

Vous avez été élue à la présidence de la CNP-CME-HP le 22 juin dernier, quels sont vos projets ?

Je souhaite dans un premier temps ouvrir le débat sur la reconnaissance de la fonction de président de CME en relation avec les obligations qui y sont attachées et les bénéfices qui en découlent pour les établissements de santé. Nous prévoyons mettre autour de la table l’ensemble des acteurs de tous les secteurs, les CME des établissements privés, les CHU, CHC, Centres de lutte contre le cancer (CLCC), établissements ESPIC et CHS, afin d’échanger sur nos points communs et nos besoins.

D’autre part, nous envisageons en janvier une journée de formation avec les directions d’établissements, les syndicats de spécialités, les tutelles (ARS, DGOS), sur le rôle du président de CME et les attentes communes. Bon nombre de présidents de CME sont élus par leurs confrères et ne bénéficient pas de formation, alors que la fonction requiert des connaissances précises des textes réglementaires et des rouages du secteur sanitaire. Je souhaite que nous ayons un socle de connaissances et de textes commun.

Qu’attendez-vous des fédérations concrètement ?

Un engagement fort de notre fédération, notamment en termes d’appui à la formation, pourrait considérablement faire avancer les choses et surtout apporter des améliorations dans les process et l’organisation des établissements avec leurs médecins. Prenons comme exemple la facturation. Un établissement ne peut facturer un acte que lorsque la lettre de sortie et les comptes rendus des examens sont rédigés. Les retards de facturation, préjudiciables pour les établissements, ne sont pas exceptionnels. Une culture commune permettrait ainsi aux directeurs d’établissements de santé de mettre en place une meilleure organisation et coordination avec et entre les médecins. Un gain pour les deux parties en quelque sorte. Je me plais souvent à dire qu’établissements de santé et médecins libéraux sont en collocation, chacun dans sa partie d’appartement. D’autre part, les présidents de CME sont souvent peu aidés dans leur exercice, si l’on compare avec le secteur public, où les CME ont un secrétariat, du temps de dégagé pour la fonction, parfois des réductions sur des abonnements et accès aux banques de données scientifiques institutionnelles, etc. Il y a un gap énorme entre les deux secteurs. Une réflexion pourrait avoir lieu sur ce volet-là également.

Quel regard doit avoir le président de CME sur l’établissement ?

Il doit avoir un regard à 360°. Il doit pouvoir être le partenaire privilégié du gestionnaire d’établissement, maîtriser la gestion de crise, la gestion des risques, etc. C’est avant tout un médecin, mais aussi un pédagogue, un tacticien, un visionnaire. Pour ma part, je souhaite que toutes ces composantes soient intégrées dans les modules de formation, de manière à ce que les médecins puissent s’investir pleinement dans leur fonction.

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