Dr Patrick Gasser, Président de l’Union nationale des médecins spécialistes confédérés (UMESPE)

Cliniques et médecins libéraux : un binôme gagnant pour innover ?

Établissements et médecins ont tout à gagner à davantage coopérer pour développer des innovations. Ils doivent trouver une concordance de leurs deux entreprises, celle du médecin et celle de l’établissement de soins, pour porter un même projet.

Toutefois, il faut rester vigilant sur les contrats et la place des médecins dans les établissements. Le malaise des médecins de l’hôpital public est aussi présent dans l’hospitalisation privée. Le rapport entre celui qui finance et qui a le pouvoir, et celui qui produit, doit être rééquilibré.

Une partie du rôle de la médecine spécialisée est d’amener l’innovation au plus proche du patient et il y a sur ce point une grande inégalité dans le soin. Lors des États généraux les 22 et 23 novembre prochains, nous nous interrogerons sur l’accès à tous aux innovations et au fait qu’elles soient soutenables pour l’État et la société. Dans le même temps, il faut que les médecins se forment en permanence.

Le syndicalisme d’aujourd’hui est-il encore d’actualité ?

Il faut que nous proposions un syndicalisme de service, ce que nous ne faisons pas aujourd’hui. Il faut proposer des modèles économiques associés, afin que les médecins puissent bien, voire mieux travailler. Ils sont aujourd’hui, au bout du rouleau, et on leur demande encore plus.

Il nous faut préparer les médecins à leurs nouveaux métiers : au travail aidé, à la délégation de tâches, comment travailler avec les infirmières de pratique avancée, les assistants médicaux, les ingénieurs… Qui demain fera de l’innovation en santé ? Nous créons une Maison de l’innovation, un lieu où des professionnels de santé et des entreprises innovantes vont travailler ensemble. Les statuts sont déposés et des partenariats financiers sont en place. Nous démarrerons au 1er semestre 2020.

Deux points d’actualité. Les process de l’Ifaq comme de la certification 2020 se médicalisent. Les médecins libéraux sont-ils prêts ?
Ils ne sont pas au courant pour beaucoup ! Ils pourraient y participer, mais il faut qu’ils y trouvent un intérêt : financier ou autre chose, par exemple une participation à la gouvernance, l’amélioration de l’outil de travail, etc.

Et quelle est votre perception de la réforme des autorisations ? La réforme des autorisations est un élément très important pour les médecins libéraux, car cela touche à l’exercice. Le portage des autorisations peut se faire de façon collégiale, et de même, elles peuvent être défendues par les médecins et les établissements.

Programme des 3e États généraux de la médecine spécialisée

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