FIL ROSE DU 27 OCTOBRE 2015

Le mot de l’AFC-UNHPC

Lors de la préparation des « Fils Roses » pour cette année 2015, nous avions fait le choix de ne pas évoquer les partisans de l’anti-dépistage.

Mais compte tenu de l’ampleur de la campagne des « antis » dénommée « Cancer-Rose », nous tenons à nous inscrire en faux sur un grand nombre de leurs arguments :

  • La mammographie « outil de diagnostic mais pas de dépistage » selon eux ;
  • Le risque de surdiagnostic ;
  • Le dépistage comme une source d’angoisse pour les femmes ;
  • Pas de bénéfice au dépistage : toujours autant de grosses tumeurs, pas d’amélioration de la longévité des femmes, etc.

Il est bien démontré que la survie des femmes atteintes d’un cancer (dépisté ou découvert autrement) augmente de façon précise depuis 2005, soit depuis le début du dépistage organisé. Et parce que les tumeurs diagnostiquées le sont à un stade de plus en plus précoce, leur traitement est de moins en moins lourd et agressif.

Doit-on demander aux femmes de ne pas être dépistées pour éviter une certaine angoisse au moment de la mammographie et devoir subir ensuite des traitements lourds et parfois difficiles à assumer ?

Sans parler des coûts pour la collectivité : le traitement d’un cancer du sein avancé (soit : chirurgie + chimiothérapie + radiothérapie) est trois à quatre fois plus élevé que lorsque la tumeur est diagnostiquée tôt, et que le seul traitement par chirurgie, par exemple, est suffisant.

Il ne faudrait pas que ces positions extrémistes et rétrogrades diminuent l’impact de la campagne Octobre Rose. Même si des articles sérieux et très récents suggèrent un dépistage moins lourd : une mammographie tous les ans à partir de 45 ans, eu lieu de 40 ans, pour les femmes à risques, et une mammographie tous les deux ans à partir de 50 ans pour les autres femmes (American Cancer Society). Il s’agit davantage ici d’un ajustement entre les résultats du dépistage et les connaissances scientifiques que le retour en arrière prôné par les « anti-dépistage ».

Reconnaissons à Octobre Rose son immense impact sur les femmes tant en ce que cet évènement permet de diffuser des informations sur la nécessité de diagnostics précoces, qu’en ce qu’il représente une immense porte ouverte à l’expression des citoyennes.

Dr Anne Mallet
Secrétaire national de l’AFC-UNHPC

Pour Octobre Rose, vous ne manquez pas d’idées !

Un fil rouge pour Octobre Rose – Clinique Tivoli Ducos, Bordeaux

Comme chaque année, la Clinique Tivoli Ducos à Bordeaux s’organise pour Octobre Rose. A côté des traditionnels stands d’information et ateliers, le fil rouge de cette année a été la création de coussins cœurs pour les patientes ayant subi des mastectomies partielles ou totales. Depuis le mois d’avril de nombreux bénévoles, anciennes patientes, familles, personnels, associations ont fait du cousu main. Plus de 60 coussins, tous très beaux et surtout personnalisés, sont distribués aux nouvelles opérées durant le mois d’octobre. Autre moment fort du mois, la découverte de la 5e saveur : l’umami, contraction des mots japonais « umai » (délicieux) et « mi » (goût), littéralement « goût délicieux » en compagnie d’un chef cuisinier japonais Mme Junko Sakurai et de M. Julien Marion, diététicien à la Clinique. L’umami, la 5e saveur, vient en complément des quatre goûts fondamentaux: le salé, le sucré, l’acide et l’amer et se retrouve dans de nombreux aliments. Découvrir de nouveaux goûts mais surtout prendre conscience qu’il existe des aliments aux vertus thérapeutiques à base de champignons ou d’algues, est l’objectif de cet évènement.

« L’air de rien », une expérience artistique originale – Clinique Le Confluent, Nantes

La Clinique Le Confluent est un groupe indépendant, né du regroupement des Nouvelles Cliniques Nantaises et du Centre Catherine de Sienne, à Nantes. Il développe de nombreux projets artistiques chaque année qui visent à « permettre une expression de soi, des échanges conviviaux, des rencontres enrichissantes, des expériences originales pour les patientes atteintes du cancer du sein, créer un lien possible entre les différents territoires : médical, social, culturel et artistique mais en offrant à l’humain sa juste place ». Cette année, c’est un court métrage musical intitulé « L’Air de rien » qui est réalisé ; il raconte la vie de Rose, caissière dans un supermarché et atteinte d’un cancer. « Animée par son envie d’imaginer sa vie autrement, elle s’inscrit avec ses collègues de travail à un concours de chant : les Supérettes comptent bien casser la baraque ! Mais tout bascule… ». Un projet porté par l’Espace de rencontres et d’information (ERI®), espace non médical animé par un accompagnateur en santé non soignant, dédié aux patients atteints de cancer et à leurs proches, créé en 2011. Le Confluent a également reçu les équipes de TF1 qui ont recueilli les paroles des conjoints de malades du cancer du sein, des témoignages qui ont ému les téléspectateurs.

Octobre Rose sportif – Polyclinique du Cotentin, Cherbourg

Parce que le sport est essentiel à la remise en forme après un cancer du sein, la Polyclinique du Cotentin à Cherbourg a souhaité pour la première fois dans le cadre de Octobre Rose communiquer et informer d’une part sur son dispositif d’annonce, encore trop souvent méconnu des patients, et d’autre part informer sur toutes les possibilités de reprendre de l’exercice après un traitement. A chacun son élément, sports d’eau ou sports terrestres, deux associations Aquasanté et Ashaineville sont venues présenter leurs offres sportives tout en proposant aux patients d’adhérer au projet Imapac (Initier et maintenir une activité physique après le cancer). Les salariés, visiteurs, médecins, tous impliqués dans l’évènement ont largement participé au challenge « cardio training » dans le hall de la polyclinique pour faire grimper le compteur, un euro par kilomètre étant offert par l’établissement aux associations. Enfin l’ensemble des personnels ont joué le jeu et ont revêtu le rose le temps d’une journée pour bien marquer leur engagement pour cette cause.

Faites étape à la Clinique de l’Estrée à Stains pour Octobre Rose – Clinique de l’Estrée, Stains

Le 10 octobre dernier, la Clinique de l’Estrée s’est transformée en gîte d’étape pour les participants à la marche intercommunale des villes de Pierrefitte et Stains avec un accueil de l’ensemble des personnels et une collation offerte aux marcheurs, venus assister à la prise de parole de la direction de l’établissement et celle du maire de la ville. Une journée dédiée à Octobre Rose a également été organisée au sein de l’établissement avec les associations partenaires de la clinique : Le Comité départemental des cancers du 93, La Ligue contre le cancer et le réseau Ac Santé 93. La clinique a décidé ce jour-là de « frapper » fort en concoctant dans le cadre de l’atelier nutrition, des cocktails antioxydants aux carottes, gingembre, etc.

Flash mob pour Octobre Rose – Clinique du Pont de Chaume, Montauban

Pour la première fois cette année, la Clinique du Pont de Chaume à Montauban a participé à Octobre Rose et a imaginé une chorégraphie dans le hall de l’établissement : un flash mob avec plus de 200 personnes, relayé en boucle sur les écrans de la clinique pendant une semaine. « Nous avons eu le soutien de notre direction pour ce projet et nous en sommes très heureux », souligne Anne-Marie Catay, cadre en médecine. Pendant une semaine entière les conférences menées par des experts sur des thèmes fondamentaux tels que la radiologie, l’oncologie et la gynécologie, le dépistage, l’activité physique adaptée se sont succédées ainsi qu’une rencontre littéraire avec Caroline Cotinaud, auteur du livre « Un Cancer et alors ? », un témoignage humoristique sur un sujet grave. Les personnels, enthousiastes, ont activement participé à cette semaine en endossant le rose et ont souhaité informer le plus grand nombre sur l’importance du dépistage. Des stands tenus par les partenaires de la semaine : la Ligue contre le Cancer, l’espace Bourdelle, le GIP Dépistage… et des ateliers de relaxation, manucure et diététique ont été animés par la psychologue, la socio-esthéticienne et la diététicienne de la Clinique. « Nous sommes des personnels de soins, mais aussi des femmes pour la plupart et nous voulions qu’Octobre Rose nous parle et parle aux autres », soulignent Anne-Marie Catay et Céline Guitierez assistante sociale. Très belle première !

Ne les cachez plus ! – Polyclinique du Parc de Cholet (49)

C’est le slogan que l’on pouvait lire sur les T-shirts des personnels, féminins, de la clinique pour Octobre Rose. Un poil provocateur, la clinique a souhaité relayer ce message clair d’incitation au dépistage du cancer du sein de l’association Après Envol, qui a élu domicile à la clinique le 10 octobre dernier pour répondre aux interrogations des femmes et des professionnels de santé sur les modalités de dépistage adaptées aux différents niveaux de risque. Egalement très impliquée sur le volet nutrition et cancer, la clinique n’a pas hésité à envoyer sa diététicienne aux heures d’affluence des Halles de Cholet pour parler alimentation et cancer, soutenue par l’ensemble des commerçants et artisans vêtus de rose pour l’occasion. Retour sur la journée Octobre Rose à Cholet.

L’INTERVIEW

La recherche clinique autour du cancer du sein, où en est-on ?

La recherche clinique est con-substantielle de la cancérologie. On adhère à des essais thérapeutiques qui tournent autour de deux axes : – utilisation de tests pour définir de manière ciblée quels patients pourront bénéficier de quels traitements, avec des classifications et des sous-classifications de patients ; – recours selon les cas à la chimiothérapie ou à l’utilisation de nouvelles molécules. Le cancer du sein, plus médiatisé que d’autres cancers, a été leader dans le domaine de la recherche de nouvelles molécules, les laboratoires étant intéressés pour les développer en raison du nombre élevé de nouveaux cas chaque année. On constate également que d’autres pathologies hormono-dépendantes bénéficient de la recherche menée autour du cancer du sein, comme le cancer de la prostate, qui touche des personnes de plus en plus jeunes et qui bénéficient du même circuit : dépistage, prise en charge précoce, sélection des traitements à l’aide de tests génétiques, traitements hormonaux, etc., ou les cancers du poumon et de la peau traités par immunothérapie et le cancer digestif et du côlon qui bénéficient désormais d’une prise en charge reconnue et valorisée, à l’instar de ce qui a été fait pour le cancer du sein.

Que fait Vivalto Santé en termes de recherche clinique ?

Vivalto Santé mène actuellement quelque 150 études ouvertes aux inclusions notamment en gynécologie, digestif et urologie et est promoteur d’essais pour certaines études. Nous menons un travail multi-centres avec des établissements appartenant au groupe mais pas uniquement. Nous sommes sollicités par les cliniciens mais aussi par les laboratoires pharmaceutiques, en partie parce que, forts de notre file active importante, nous avons la possibilité d’élargir notre base d’inclusions de manière dynamique. Notre capacité à fédérer plusieurs centres est également un gage de confiance pour nos partenaires financeurs. Vivalto Santé investit également énormément sur fonds propres, notamment au niveau de la logistique, ARC, etc. Les équipes de Vivalto Santé se tournent par ailleurs vers le programme de recherche translationnelle en santé (PRTS) qui permet de ne plus être obligatoirement contraint d’attendre la phase 3 des étapes de recherche clinique, qui peuvent s’étendre sur plusieurs années, c’est-à-dire au-delà de l’espérance de vie du malade, pour lui proposer un traitement prometteur. Ces programmes sont extrêmement encadrés par des laboratoires de recherche fondamentale. Globalement, nous pensons qu’il est important que les patients aient accès aux meilleurs traitements possibles suivant leur type de cancer, indépendamment du statut de l’établissement dans lequel ils sont traités. C’est déontologiquement indissociable du traitement du cancer. D’un point de vue médical, on s’engage dans la recherche clinique dans un souci d’excellence. Cela passe en premier lieu par une participation active du secteur privé à la recherche clinique et par des collaborations. Le groupe Vivalto Santé collabore avec différents CHU, dont celui de Rennes, sur des études industrielles, des observatoires ou des PHRC (Programme hospitaliers de recherche clinique). Gérer ensemble des programmes de recherche permet d’allier nos forces, pour nous de nous rapprocher des universitaires et pour eux du potentiel de nouveaux patients candidats à l’inclusion et d’obtenir des financements publics. La question de la saturation des plateformes génomiques, toutes situées dans le secteur public, avec des délais d’attente ubuesques pour les typages de cancer, est un non-sens pour l’ensemble des oncologues et des patients, qu’ils soient traités d’ailleurs dans un établissement public ou privé.

Quels sont les autres axes de travail de Vivalto Santé ?

Vivalto Santé, conformément aux préconisations du plan cancer 3, travaille sur l’après cancer, c’est-à-dire qu’il a mis sur pied des projets de réadaptation des patients en rémission, comme par exemple des projets de réadaptation à l’effort. Un programme intéressant mené de front avec le CHU de Rennes et un interne qui écrit un mémoire à ce sujet, va nous permettre de comparer les patients qui font de l’exercice et que nous allons suivre à l’aide d’un bracelet, et ceux qui ne font pas de rééducation. L’idée est de savoir quel est le meilleur programme d’éducation physique que nous pourrions proposer à nos patients après un cancer. Les projets après cancer permettent de refermer la parenthèse post-traitement en douceur. Globalement, nous allons faire rentrer d’autres spécialités que la cancérologie dans la recherche clinique. Il s’agit de projets de recherche en anesthésie, endocrinologie, pédiatrie, néonatologie et urgences.