Fil vert du 20 Juillet

Campagne établissement sans perturbateurs endocriniens

Coup de cœur de Ségolène Royal

Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer a accepté de soutenir la campagne du C2DS « Objectif établissement sans perturbateurs endocriniens ». « J’ai été sensible aux sentiments qui ont inspiré votre démarche et c’est avec plaisir que j’accepte d’accorder mon parrainage à cet événement, » déclarait-elle dans un courrier adressé au C2DS.

Dix engagements pour faire bouger les lignes.

La campagne invite les acteurs de santé à mettre en application dix éco-gestes définis par un groupe pluridisciplinaire de professionnels de santé et à prendre conscience des effets de l’exposition à ces substances chimiques à chaque fois qu’elles ne sont pas choisies ou voulues comme dans certaines thérapies. Ces éco-gestes font l’objet d’une affiche et d’un flyer pédagogique.

Pour rappel, la France, qui s’est dotée en 2014 d’une stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, est précurseur sur cette question, au niveau européen. Au niveau national, les établissements de santé et médico-sociaux ont un rôle important à jouer, en matière de prévention et d’éducation.
Pour s’informer sur cette campagne : wiebke.winkler@c2ds.eu

Tout en cuivre

Clinique Arago, Paris (75)

La Clinique Arago est l’un des premiers établissements sanitaires au monde à être entièrement équipé de cuivre antibactérien. La rénovation de la clinique a été l’occasion de mettre du cuivre partout où les mains peuvent déplacer des bactéries. « Le cuivre est une très vielle connaissance des médecins, au XIXe siècle on l’utilisait largement pour équiper les hôpitaux », explique le Dr Philippe Lapresle, chirurgien orthopédiste et directeur général. « Il y a une dizaine d’années, on a redécouvert son intérêt en raison de son incroyable efficacité anti-bactérienne. » Pour la clinique, dont une grande partie de l’activité concerne la chirurgie prothétique, combattre les infections nosocomiales est une priorité. « Les mesures d’hygiène réduisent les risques de manière considérable et le cuivre vient en renfort », selon le Dr Olivier Charrois, chirurgien orthopédiste et gestionnaire des risques. « L’efficacité du cuivre a été démontrée, notamment dans les services de réanimation où les risques pour les patients fragilisés sont majeurs. » Les équipes soignantes sont formées et régulièrement évaluées sur les risques de transmissions manuportées et les poignées de portes et les mains courantes en cuivre sont une protection supplémentaire pour les non-professionnels.

La naissance, une affaire durable

Polyclinique Saint-Côme, Compiègne (60)

« Plus le nid est douillet, plus les ailes sont grandes », c’est le slogan de la maternité de la Polyclinique Saint-Côme, acteur de la première heure d’un développement durable en maternité. « Nos équipes y sont sensibilisées depuis longtemps. Nous ne distribuons plus de boîtes roses depuis plus de six ans ; nous avons participé à l’étude Méco’expo, qui a consisté à prélever des échantillons de méconium de nouveaux-nés et de cheveux de la maman, afin d’évaluer l’exposition des nouveaux-nés aux pesticides ; nous travaillons avec l’Union régionale des centres permanents d’initiatives pour l’environnement (URCPIE) de Picardie, qui vient faire de la prévention sur l’exposition aux produits chimiques auprès des jeunes mamans, mais aussi des personnels », nous livre Vincent Vesselle, directeur. Comme l’explique Cécile Thiebaut, sage-femme cadre, les maternités ont une mission de réflexion et d’information sur les questions de santé-environnement et à Saint-Côme, les sages-femmes et auxiliaires de puériculture la vivent au quotidien. « Notre travail consiste à revenir à l’essentiel dans les pratiques : gestes et produits naturels avec les bébés, proximité, etc. Nous étudions soigneusement la composition des produits cosmétiques utilisés pour les bébés, nous sommes formés sur les questions des perturbateurs endocriniens et en cours de labellisation IHAB. Nous animons également plusieurs ateliers hebdomadaires pour les jeunes parents : portage, toucher bienveillance, lire avec bébé, soutien à l’allaitement, etc. » La maternité participe par ailleurs au projet « Une naissance, un arbre » en partenariat avec Tree nation et la forêt de la polyclinique compte à ce jour plus de 300 arbres sponsorisés.

L’affaire est dans le bac

Polyclinique de Bordeaux Tondu (33)

La  Polyclinique de Bordeaux Tondu travaille d’arrache pied depuis 2014 à la réduction de ses déchets industriels banalisés (DIB) et DASRI. Après une phase de sensibilisation, la polyclinique est passée à la vitesse supérieure en procédant à l’identification des poubelles et de leur contenu, la fourniture de bacs rigides pour le papier et le carton, l’aménagement des chariots de ménage pour faciliter le tri sélectif, etc. Résultat des courses, une réduction de 3 tonnes des déchets DASRI par an, soit 0,16 tonne sur 1000 journées d’hospitalisation et de séjours. Entre 2014 et 2015, avec une activité constante, la polyclinique a comptabilisé 20 bacs de DIB en moins et 9 bacs de carton/papier en plus. Dans la continuité, la polyclinique a mené une expérimentation sur les quantités de biodéchets par plateau repas et met en place actuellement une filière de collecte spécifique pour les déchets alimentaires.

La gestion des déchets par le menu

« Pour une bonne gestion des déchets produits par les établissements de santé et médico-sociaux, déchets issus de médicaments, déchets liquides » est l’intitulé du guide pratique du ministère de la Santé qui vient de sortir. Il s’agit d’une Bible sur le sujet, fruit d’un travail en collaboration avec le ministère chargé de l’Environnement, et qui s’appuie sur les travaux d’un groupe d’experts multidisciplinaires.

Les établissements produisent annuellement environ 700 000 tonnes de déchets de toutes sortes (3,5 % de la production nationale, données 2010). Cela signifie environ une tonne de déchets par lit et par an. Les DASRI représentent, à eux seuls, un gisement de 170 000 tonnes, produits à 95 % par les établissements.

Les établissements s’intéressent prioritairement à la gestion des déchets solides. Mais, depuis plusieurs années, les préoccupations se portent aussi vers la gestion des déchets liquides, parmi lesquels les déchets liquides à risques qui deviennent un nouvel enjeu.

Cette publication vous permet de distinguer les déchets dangereux et non dangereux et elle rappelle les éléments de réglementation permettant l’identification et la gestion adaptée des déchets liquides à risques (chimique, biologique, radioactif) afin d’éviter leur déversement dans le réseau d’eaux usées de l’établissement. Certains déchets non collectables seront déversés dans le réseau d’eaux usées de l’établissement puis dans le système d’assainissement collectif ou dans le milieu récepteur, dans le respect des dispositions réglementaires (déversements dûment autorisés).

Cartographie des déchets, classification, circuit de traitement, règlementations et bonnes pratiques en l’absence de textes règlementaires, tri à la source : tout savoir en 4 chapitres et 140 pages.

Télécharger le Guide « Pour une bonne gestion des déchets produits par les établissements de santé et médico-sociaux, déchets issus de médicaments, déchets liquides »