Fil Vert du 8 décembre 2015

Changeons d’attitudes pour ne pas changer de climat !

Le système de santé français est encore considéré comme l’un des meilleurs du monde, mais est-il durable ?

Un système structurellement déficitaire qui vit sur des emprunts est-il durable ? Une logique du tout curatif qui ne laisse que peu de place à une approche préventive de la santé est-elle durable ? Des activités de soins qui génèrent des impacts environnementaux non négligeables sont-elles durables ?

Nos métiers sont nobles, et nous avons des responsabilités en termes d’exemplarité tant vis-à-vis de nos professionnels, que de nos patients, de nos fournisseurs et de la population en général.

La pérennité de notre système de santé repose sur sa viabilité économique. Nous agissons pour une plus grande efficience de tous les acteurs du monde de la santé. C’est ainsi que les cliniques et hôpitaux privés soignent 34% des patients hospitalisés avec seulement 17% des financements hospitaliers.

Notre responsabilité de manager est également sociale et sociétale. Comment ne pas épuiser nos ressources humaines mais au contraire redonner du sens à chacun dans son métier ? Vous le savez, associer les professionnels de santé dans le projet d’établissement, valoriser la qualité du travail accompli, être attentif au bien-être au travail sont autant de réponses possibles.
Notre métier est de soigner mais également d’être des acteurs de « promotion de la santé ». C’est ainsi que les cliniques et hôpitaux privés participent largement à des programmes de dépistage et d’éducation thérapeutique des patients.

Enfin, comment réduire les impacts environnementaux générés par les activités de soins et ainsi assumer notre responsabilité environnementale ?
Nombreuses sont les cliniques déjà engagées dans des actions pour préserver l’atmosphère, optimiser les ressources énergétiques, économiser l’eau, réduire leurs déchets, acheter plus responsable. Notre rôle est de faire connaître cette multitude d’initiatives qui contribuent à une diminution réelle de nos impacts environnementaux.

Les professionnels de santé ont un rôle capital à jouer.
Alors oui, changeons d’attitudes pour ne pas changer de climat !

Retour en image

Les initiatives

 

2300 repas servis avec un menu bas carbone à Toulouse

Les cliniques Pasteur, Médipole Garonne, Saint Exupéry, Sarrus Teinturiers/Saint Nicolas et Monié/Minimes

 

L’un des principaux facteurs du réchauffement climatique est l’émission de gaz à effet de serre. Pour affirmer leurs engagements, les cliniques Pasteur, Médipole Garonne, Saint Exupéry, Sarrus Teinturiers/Saint Nicolas et Monié/Minimes, mettaient en place un « menu bas carbone » pour remplacer le menu de base du déjeuner jeudi 3 décembre. Les 2300 repas servis étaient composés de produits locaux, respectueux de l’environnement (agriculture biologique ou raisonnée) et issus de filières Bleu-Blanc-Cœur, permettant de limiter l’impact carbone.

Chaque produit utilisé est corrélé à un facteur d’émission (en kg CO2/tonne). Selon la méthodologie de l’ADEME, un calcul a été effectué pour comparer la valeur carbone du menu de base et du « menu bas carbone ».
Une réduction par exemple de 36% de la production de gaz à effet de serre pour la clinique Pasteur et 39% pour les cliniques Sarrus-Teinturiers et St Nicolas.

Faire ambulance commune

Polyclinique du Parc Rambot à Aix-en-Provence

 

Depuis 2010, la Polyclinique du Parc Rambot à Aix-en-Provence en partenariat avec la Fédération nationale des transporteurs sanitaires et l’assurance maladie organise un co-voiturage pour ses patients. Ainsi, les patients dont l’état de santé le permet, peuvent partager le même VSL. « C’est une démarche qui demande un certain pouvoir de persuasion au moins au départ » indique Mireille Péridon, cadre de santé en charge des plannings de chimiothérapie. La clinique atteint un taux de partage de 40% pour les séances de chimiothérapie en croisant les horaires et les informations sur la circulation.

Une réussite également pour la clinique Turin, située en plein Paris, qui atteint 24% d’économie sur les transports de dialyse en co-voiturant ses patients.

A2L DTSU
l’éco-ambulancier

Hôpital privé nord parisien à Sarcelles

L’Hôpital privé nord parisien embarquait avec lui son prestataire de transport sanitaire dans sa démarche de développement durable. Convaincu par la justesse de la démarche, Bruno Pourré directeur de A2L DTSU se lance dans l’achat de véhicules électriques et forme ses ambulanciers à l’éco-conduite. Dans la foulée, son entreprise est labellisée ISO 14001 et il s’engage dans l’ISO 26000 dès 2016. Etablissement et ambulanciers travaillent de concert pour organiser des transports partagés à destination des patients en dialyse et en radiothérapie. Un régulateur, poste clé, fait le lien entre la demande de la clinique ou du patient et le transporteur… pour des déplacements intelligents !

À Londres les hôpitaux mutualisent leurs entrepôts

Au Royaume-Uni, le NHS (le service national de santé britannique, 1,7 million de salariés), est l’un des employeurs les plus importants et un acheteur majeur de biens et de services. « Notre empreinte carbone est énorme : 18 millions de tonnes de CO2 par an. Selon notre cellule développement durable, en 2013, les émissions de gaz à effet de serre des hôpitaux proviennent des dépenses énergétiques (17 %), des déplacements (13 %). Nos études ont montré par ailleurs que la majorité des émissions proviennent des achats (plus de 60 %), dont 21 % sont imputables aux médicaments et 11 % aux dispositifs médicaux. Les gaz anesthésiques pèsent tout de même pour 5 % dans le volume des émissions. Après une grande consultation auprès de l’ensemble de nos membres, le NHS s’est fixé un objectif ambitieux : réduire les émissions de carbone de 34 % d’ici 2020, de 80 % d’ici 2050 et, à échéance plus courte cette année, de 10 %, par rapport à 2007. Une série d’initiatives est alors apparue en Angleterre et notamment à Londres pour mieux gérer les flux de transport de biens. Six sites des hôpitaux universitaires de Londres (UCLH) utilisent souvent les mêmes fournisseurs mais ont une politique d’achat individuelle, avec beaucoup de mouvements inutiles dans le transport des biens : auparavant, nous avions près de 100 points de livraison différents ! Depuis 2012, un entrepôt est mis en place, où toutes les fournitures hospitalières sont centralisées et redistribuées à l’aide de véhicules électriques. De plus, un guide d’aide au calcul de l’empreinte carbone des médicaments et dispositifs médicaux a été créé », déclare Sonia Roschnik.

« L’important est de mesurer, de découvrir quels sont les leviers de réduction possibles et d’agir. D’autre part, et c’est l’esprit partagé par la majorité des professionnels et systèmes de santé ainsi que l’OMS au cours de la COP21, Il faut appréhender le changement climatique comme une opportunité pour la santé et la manière dont nous travaillons. Les meilleures émissions de GES sont celles que l’on ne produit pas, aussi, préserver et améliorer la santé des populations permet de préserver la planète et de réaliser des économies. Il ne faut pas hésiter à se lancer dans l’aventure et explorer avec des objectifs ambitieux. Comme on le dit en anglais : Get started ! »