Une vraie concertation

Hier soir à l’occasion des vœux de notre secteur de l’hospitalisation privée, j’ai formulé pour 2015 celui d’une vraie concertation entre les différents acteurs du monde libéral de la santé et le ministère. Le dialogue avec la ministre de la santé a été extrêmement difficile en 2014. Ce manque d’ouverture au dialogue du ministère a conduit nos établissements à se mobiliser massivement, par deux fois l’année dernière, en mars et en décembre, d’une manière inhabituelle pour notre fédération, mais nous n’avions pas d’autres moyens pour nous faire entendre. Ce mode de communication n’est pas normal et nous attendons autre chose de notre tutelle. L’évolution vers laquelle doit tendre une future loi de santé est de conduire, d’une part, à l’amélioration de la qualité de la prise en charge des patients, et d’autre part, dans un contexte de contrainte financière, à l’amélioration de l’efficience du système de santé. Malheureusement, le projet de loi actuel donne l’impression amère d’un retour en arrière, avec la défense d’intérêts corporatistes qui ne vont pas dans le sens des progrès attendus. Dans tout secteur économique, la concurrence permet d’améliorer la qualité du service ou du produit rendu, de le rendre plus innovant, tout en étant vigilant sur son prix. A fortiori dans un secteur contraint financièrement comme l’est celui de la santé, où les acteurs sont tous financés par l’argent public, il y a un devoir collectif de maîtrise des coûts. Y supprimer la concurrence serait une erreur, car le monopole n’a jamais été un gage de qualité, bien au contraire. Une saine concurrence entre acteurs permet d’améliorer la qualité des soins et l’efficience du système. En clair, et nous n’aurons de cesse de le lui rappeler, le ministère doit voir dans l’hospitalisation privée son meilleur allié pour faire évoluer le système de santé.

 

 

 

 

 

 

Ségolène Benhamou
Présidente du syndicat national FHP-MCO

 

Cérémonie des vœux de la FHP

Ségolène Benhamou répondant aux questions hier soir lors de la cérémonie des vœux de la FHP.

Ambulatoire : huit propositions de la FHP-MCO depuis 2009
Aujourd’hui, au congrès annuel de l’AFCA, nous avons rappelé que le secteur privé prenait déjà en charge des prothèses de hanche en ambulatoire (1), et globalement 66 % de son activité de chirurgie en ambulatoire avec des pointes à 94 % (2).  Nous sommes précurseurs mais nous devons le rester. La FHP-MCO a porté huit propositions depuis 2009, notamment l’assouplissement des normes (moyens versus compétences), l’évolution vers des tarifs identiques J et niveau 1, la suppression des bornes basses, etc. Sur ce dernier point mis en œuvre il y a 10 mois, et bien que les données doivent encore être consolidées, nous pouvons constater une baisse de la DMS significative et une croissance du taux de chirurgie ambulatoire qui s’accélère pour les GHM concernés par la suppression de la borne basse. Pour aller plus loin, il nous faudra agir en faveur d’un élargissement vers l’interventionnel (coronarographie, etc.), les niveaux 2, et aussi 3 et 4 ; rendre plus flexible les organisations pour intégrer l’évolution des pratiques (SSPI, unité individualisée,…) ; et enfin éviter les actions conduisant à un signal contraire (chirurgie suivant une HAD pour quelques pathologies ciblées).

– (1) Clinique des Cèdres, Blagnac (31).
– (2) Polyclinique St Roch à Montpellier (34), chirurgie du cancer du sein : voir interview du Dr Trentini, 13h du 5 juin 2014.

DP : le privé moins cher que le public !
Les soins en établissements de santé privés ne coûtent pas plus chers qu’à l’hôpital public… au contraire ! Une étude de l’association 66 millions d’impatients démine une idée reçue tenace. Cette étude comparative menée sur dix actes répandus de chirurgie (cataracte, bypass gastrique, ablation prostate…) indique que les DP à l’hôpital public sont plus élevés que dans le privé. « Pour une ablation de la prostate, ce dépassement est cinq fois moins élevé dans les établissements privés qu’à l’hôpital public. » précise Ségolène Benhamou dans un communiqué de presse de la FHP-MCO.

Quatre commissions de travail vont réécrire les passages controversés de la loi de santé
Les pilotes de ces commissions lancées mardi devront rendre leur copie mi-février : trois courtes semaines pour trouver un consensus et mettre tout le monde d’accord ! Un groupe planchera ainsi sur les conditions du service public hospitalier (SPH) piloté notamment par le Dr Jean-Luc Baron, président de la conférence nationale des présidents de CME privées. Les trois autres travailleront sur le tiers payant, qui d’obligatoire, évoluerait vers une généralisation « progressive », sur l’organisation des soins de proximité et sur l’évolution des compétences médicales. Rappelons enfin que le Dr P. Bouet, président du CNOM a réexprimé lors de ses vœux jeudi dernier son souhait d’une « réécriture globale » du projet. La loi de santé est prévue pour être examiné à l’Assemblée à partir de la semaine du 7 avril et de la semaine du 2 mars par la Commission des affaires sociales.

Le bras de fer continue
Tous les principaux syndicats de médecins libéraux expriment sans relâche leur opposition totale et déterminée à la loi de santé et réclament la réécriture du projet. Tous appellent à un maintien de la grève administrative à laquelle s’ajoute, à l’appel de la CSMF et du SML, une grève des gardes le week-end du 1er février et une manifestation nationale en mars. MG-France appelle à une fermeture des cabinets les 5 février et 19 mars.

Une fresque de salle de garde effacée à Clermont-Ferrand… Quid de celle de Cabu à Garches ?
Une fresque pornographique peuplée de super-héros décore depuis une quinzaine d’années la salle de garde du CHU de Clermont Ferrand. Lors d’une soirée d’informations sur la loi de santé, un interne y ajoute des bulles de textes liées à l’actualité, pour indiquer aux internes qu’ils se font « baiser » par ce projet. Il prend une photo et la poste sur la toile. Flashée par les radars de l’association Osez le féminisme, puis par ceux de personnalités politiques, la fresque est accusée de faire l’apologie du viol puis de mettre en scène Marisol Touraine. Entre incompréhension et manipulation, les échanges fusent sur Internet. Le CNOM et l’ARS s’en mêlent, la fresque est effacée. Doit-on effacer la fresque peinte par Cabu dans la salle de garde de l’hôpital de Garches, interrogent de nombreux médecins…

Omerta, tolérance zéro !
C’est le ton que le Lien veut donner aux 5e États généraux de la lutte contre les infections nosocomiales le 5 février. L’OMS avance de 30 à 40 000 décès suite à des accidents médicaux dans sept pays riches (hors France), un chiffre qui s’élèverait à 50 000 en ajoutant les 15 millions d’hospitalisations en France, déclare le Lien. « On ne peut pas s’attaquer au problème de la sécurité des soins sans mesurer l’insécurité des soins », résume Alain-Michel Ceretti. Allons-nous vers un indicateur de mortalité par établissement, par service ? La HAS y travaillerait en le pondérant avec l’état du malade. Le Lien demande par ailleurs à séparer les indicateurs de pilotage de ceux qui intéressent le grand public et que soit publié le décret sur les EIG.

La limite planétaire
Une équipe de chercheurs internationaux dont les travaux font date identifiait les seuils limites à ne pas franchir pour éviter que « le système Terre ne bascule dans un état très différent (de l’actuel), probablement bien moins favorable au développement des sociétés humaines ». Ils présentent à Davos les quatre seuils aujourd’hui dépassés : le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, le changement d’usage des terres et la perturbation des cycles de l’azote et du phosphore (essentiels à la fertilité des sols).

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