Fil rose 13 octobre 2020

Octobre rose revisité
Hôpital Privé Océane, Vannes (56)

« Faire du bruit pour Octobre Rose », tel est l’objectif de l’Hôpital Privé Océane pour cette édition 2020. Pour ce faire, le comité d’organisation a lancé un appel à contributions créatives pour associer le plus grand nombre à une démarche originale. « Nous proposons cette année à nos internautes un projet un peu technique ! L’idée est qu’ils nous envoient des clichés photographiques en noir et blanc avec une touche de rose, des photos qui symbolisent le thème Octobre rose, chacun selon son inspiration », explique Christine Guillot, responsable qualité et gestion des risques. À partir du 12 octobre, tous les soirs à 20h, une photo sera publiée  sur le compte Facebook de l’hôpital privé.

L’Hôpital Privé Océane fait également vivre la campagne dans son hall d’accueil avec un espace d’information qui reprend les messages de prévention et de dépistage de La ligue contre le cancer.

Chacune a son histoire
Clinique du Palais, Grasse (06)

C’est en mode « entretien face à face » que la Clinique du Palais a souhaité organiser Octobre Rose cette année. Vendredi dernier, Natacha Didier, chargée de projet au Centre régional de coordination du dépistage des cancers (CRCDC) Sud PACA faisait le tour des services pour échanger avec les salariées de la clinique sur l’importance du dépistage du cancer du sein et collecter leurs témoignages, car en matière de santé, chacune a sa propre histoire. Ainsi, tout au long du mois, les salariées pourront elles-mêmes se faire les ambassadrices des bons messages de dépistage auprès des patientes de la clinique, qui planifie, à défaut de pouvoir organiser cette année un événement grand public, un repas rose avec une distribution de flyers.

Et pendant tout le mois d’octobre, une vingtaine de salariés de la clinique – hommes et femmes – mouillent la chemise et avalent les km pour s’illustrer avec l’équipe du Palais à la course connectée organisée par le CRCDC Sud PACA.

Faire passer le message
Polyclinique Bordeaux Caudéran, Bordeaux (33)

La Polyclinique Bordeaux Caudéran a fait le calcul, statistiquement 7 femmes qui y travaillent pourraient être touchées par le cancer du sein dans leur vie et l’une d’elle pourrait en mourir. La polyclinique est donc activement engagée dans la campagne de dépistage du cancer du sein et participe à Octobre rose. « Nous espérons impulser une prise de conscience collective au sein de l’établissement », explique Agnès Piteux, cadre de soins. « Bien que notre établissement accueille uniquement des patients en neurologie, gériatrie et SSR, nous nous sentons concernés. Le dépistage peut sauver des vies. »

Parmi les actions choisies, les professionnels présents à la polyclinique le 1er octobre, de jour comme de nuit, se sont vu remettre un kit avec 1 masque et 1 charlotte rose, 1 autocollant et pour la forme, 1 petit bonbon… rose. D’autre part, l’information fuse durant tout le mois via divers canaux : Facebook, intranet, et par écrit par l’intermédiaire du journal interne glissé à la fiche de paye. Une opération de communication rondement menée.

Octobre Rose hors les murs
Hôpital Privé Pasteur, Évreux (27)

Décloisonner et aller au-devant du grand public, c’était l’objectif de cette journée de sensibilisation de l’Hôpital Privé Pasteur dans un centre commercial de la ville, en respectant les gestes barrière, samedi 10 octobre. Pas moins de 200 femmes ont fait halte devant le stand d’information animé par le Dr Corinne Boedec, spécialiste de la chirurgie plastique et reconstructrice à l’hôpital privé, et qui a donné son éclairage sur les différents traitements possibles du cancer du sein, mais aussi sur la chirurgie reconstructrice et réparatrice ainsi que les soins de support. Des explications bienvenues et complétées par les messages de La ligue contre le cancer, également présente sur le stand. « Le public a été particulièrement sensible à l’appel aux dons pour la recherche contre le cancer, et les commerces du centre commercial continuent la collecte pendant tout le mois d’octobre », explique Angèle Aparo, attachée de direction. La solidarité, c’est la force d’Octobre Rose !

En partenariat avec un laboratoire, les participantes on pu s’initier à l’auto-palpation sur une réplique de buste de femme. « Des tumeurs sont cachées à l’intérieur de ce buste en silicone. Le but est d’apprendre les bons gestes pour dépister précocement des anomalies et l’on oublie souvent la zone claviculaire et les aisselles. Toute anomalie d’apparition récente doit alerter les femmes et les inciter à consulter leur médecin. » Une brochure d’information remise à chaque participante devrait permettre d’intensifier ce geste simple de dépistage. Une action Octobre rose réussie !

Une séance pour tout savoir
Pôle Santé La Ligne Bleue, Épinal (88

Quelle prise en charge du cancer du sein dans les Vosges… et comment mieux vivre après ? Le Pôle Santé La Ligne Bleue organisait le 6 octobre une séance d’information ville-hôpital sur ce thème, un temps d’échanges avec une cinquantaine d’infirmiers libéraux, bien entendu dans le respect des gestes barrière. Cet événement réunissait près de 12 spécialistes qui ont apporté un éclairage complet sur l’offre de soin pour les patientes atteintes d’un cancer du sein sur le territoire d’Épinal. L’ensemble des sujets, le dépistage et l’annonce de la maladie, la chirurgie et les traitements, puis les soins de support ont été débattus pendant 4 heures. Un besoin d’information important au regard de la venue en nombre et la forte participation de la salle.

« Nous sommes très heureux du succès de cette journée qui a attiré plus de 50 infirmiers libéraux. Le respect des règles sanitaires ne nous a malheureusement pas permis de pouvoir en accueillir davantage », expliquent les docteurs Héloïse Gisquet, spécialisée en chirurgie plastique reconstructrice et esthétique et Stéphane Cristinelli, gynécologue obstétricien, co-organisateurs de la conférence avec leurs confrères les docteurs Xavier Kahn et Frédéric Martin, chirurgiens disgestif, viscéral et thoracique. « Les 12 intervenants ont démontré qu’une prise en charge globale pluridisciplinaire et novatrice des patientes atteintes par le cancer du sein, peut être effectuée de A à Z dans les Vosges, au plus proche des patientes, par une équipe de professionnels de très haut niveau », poursuit le Dr Gisquet. « Je salue l’enthousiasme des professionnels présents, acteurs de cette prise en charge qui prend pleinement en compte le bien-être des femmes et des couples qui traversent l’épreuve d’un cancer du sein », conclut le Dr Cristinelli.

Ne pas baisser la garde
Centre Hospitalier Privé de l’Europe, Le Port Marly (78)

Le Centre Hospitalier Privé de l’Europe qui accueille en son sein des services d’oncologie et de chimiothérapie a souhaité renouveler – cette année tout particulièrement – sa participation à Octobre Rose. « La pandémie est un frein, mais il ne faut pas baisser la garde, surtout cette année, aussi, nous avons organisé le 12 octobre une journée de prévention, plus modeste qu’à l’accoutumée soit, mais qui a trouvé un écho favorable auprès du public », explique Nathalie Durval, chargée de communication. Le ton était donné dès le matin avec un éclairage rose dans le hall et des tenues assorties pour l’ensemble des personnels.

 

Catherine SIMONIN
Administrateur de France Assos Santé et vice-présidente de la Ligue nationale contre le cancer

Quels impacts ont eu les restrictions liées à la pandémie Covid pour les patients ?

Les patients pendant le confinement ont dû faire des choix de gré ou de force, suivant leurs pathologies et l’offre de soins à disposition. À France Assos Santé, nous avons répertorié dans un premier temps des problèmes liés à l’accès aux soins, à l’aide des remontées de terrain de notre collège « personnes malades ». En effet, toutes les prises en charge pour les pathologies autres que la Covid ont été du jour au lendemain reportées ou transférées sur des soins à domicile, avec des répercussions parfois désastreuses pour les patients. Concernant le cancer, les chimiothérapies injectables ont été transformées en chimiothérapies orales lorsque c’était possible. Seuls les patients bénéficiant d’une filière sécurisée ont pu continuer leurs prises en charge habituelles.

Concernant le dépistage organisé, l’arrêt d’activité de toutes les structures organisatrices qui envoient des invitations, ainsi que des centres de radio-diagnostics a eu un impact délétère sur le dépistage du cancer du sein, mais aussi du côlon et du col de l’utérus.

Globalement, la situation sanitaire a généré beaucoup d’anxiété parmi les personnes les plus vulnérables au virus, déjà très impactées en temps normal. Beaucoup ont arrêté de consulter. D’autre part, les personnes se découvrant une grosseur ou autre, n’avaient plus accès aux consultations primaires, à leurs médecins et aux examens complémentaires qui auraient été nécessaires pour établir un diagnostic rapide et amorcer un protocole de soin.

Donc si l’on cumule les reports de soins, d’interventions chirurgicales, de cures de chimiothérapie ou radiothérapie, etc. et les reports de diagnostics, la période Covid aura eu des conséquences certaines en termes de pertes de chances, de risques de récidives et de non-guérisons.

Et concernant les pénuries de médicaments ?

La crise Covid a été le révélateur conjoncturel d’un problème structurel qui existe depuis longtemps. Seule différence, on n’avait jamais été en rupture sèche, uniquement en tension. Les ruptures d’approvisionnement ont majoritairement touché les produits anesthésiques (Midazolam, Propofol, Curare, etc.) indispensables pour la prise en charge des patients Covid en réanimation, mais aussi pour l’anesthésie en général, ce qui pose question. Des médicaments anticancéreux ont eux-aussi été touchés, laissant les patients démunis face à leur maladie.

France Assos Santé et ses associations membres sont historiquement mobilisées contre les pénuries de médicaments et de vaccins et l’association participe au Copil ministériel sur les pénuries de médicaments initié par Agnès Buzyn en juillet 2019.

France Assos Santé demande aujourd’hui à ce que des stocks soient constitués car seules des réserves de sécurité de 4 mois pour l’ensemble des médicaments à intérêt thérapeutique majeur (MITM) peuvent prévenir à minima les pénuries. Le décret à venir obligeant les industriels du médicament à constituer un stock de sécurité s’oriente par contre et sous la pression des industriels vers une obligation de 2 mois de stock seulement pour les médicaments qui sont régulièrement en pénurie. Le dispositif proposé abandonne donc tout objectif de prévention prôné par France Assos Santé. Les associations devront encore et toujours porter de la voix pour que, péniblement, certains médicaments bénéficient d’un régime d’« exception ».

L’obligation pour les industriels d’assurer un approvisionnement approprié et continu est pourtant inscrite au code de la santé publique ! Il ne faut pas oublier que l’accès à la santé et à l’information (y compris sur les pénuries de médicaments) est un droit fondamental des patients.

Quel est votre message pour la campagne Octobre Rose 2020 ?

Nous espérons que la campagne va être suivie, particulièrement cette année. Les centres de mammographie ont été assaillis de demandes à leur réouverture, donc il ne faut pas hésiter à prendre rendez-vous pour se faire dépister. Les mesures sanitaires en place sont très efficaces, cependant on peut se faire dépister en toute sécurité.

Crédits photo : Centre Hospitalier Privé de l’Europe, Pôle Santé La Ligne Bleue, Hôpital Privé Pasteur, Polyclinique Bordeaux Caudéran, Clinique du Palais, Hôpital Privé Océane, Catherine Simonin.