Fil vert du 14 avril 2017

C’est le projet auquel vous invite la semaine européenne du développement durable qui se tiendra du 30 mai au 5 juin prochain. Ce rendez-vous annuel est l’occasion en interne d’informer et de motiver vos équipes aux vertus d’un développement durable, levier de performance de votre entreprise. L’opportunité également de faire connaître vos initiatives, les résultats de vos actions en direction de vos parties prenantes.
Vous créez un événement, vous publiez vos résultats, vous lancez une nouvelle initiative : faites-le nous savoir ! (thierry.bechu.mco@fhp.fr)

Les initiatives


Un modèle holistique avec des soins centrés sur le patient

Centre Chirurgical Montagard et Polyclinique Urbain V, Avignon (84)

À Montagard et Urbain V, on observe la définition de la santé de l’OMS à la lettre : « un état de bien-être physique et mental et social, et non pas uniquement l’absence de maladie et d’infirmité ».  « Il n’y a pas seulement la guérison qui est importante mais aussi la prise en charge globale de l’individu, son bien-être sur tous les plans. La médecine intégrative est une association des thérapies naturelles aux soins conventionnels dans le but de maintenir la santé et améliorer le bien-être », explique le Dr Olivier Abossolo, anesthésiste réanimateur et formé aux médecines alternatives et complémentaires.
L’homéopathie, l’aromathérapie, l’hypnose en tant qu’accompagnement thérapeutique sont utilisées, mais aussi la bio photomodulation. L’association de ces pratiques, quelles qu’elles soient, se doit d’être cohérente et de « respecter la logique du vivant » insiste-t-il. Cela demande de la tolérance et une médecine coopérative multi-dimensionnelle partagée par l’ensemble des soignants. Le patient devient co-acteur et co-décideur dans la prise en charge de sa santé.  « C’est une philosophie de soins appliquée tout au long du parcours hospitalier, un modèle holistique avec des soins moins centrés sur le médecin, sur ce qu’il veut faire, mais sur le patient
84 % du personnel sont satisfaits et très satisfaits de l’adjonction de ces thérapies dans leur faisabilité et leur efficacité thérapeutique. 100 % des soignants et praticiens souhaitent poursuivre cette pratique.

5 chèvres valent mieux qu’une tondeuse à gazon

Polyclinique du Beaujolais, Villefranche sur Saône (69)

L’établissement dispose d’un vaste champ mitoyen avec le parking et qu’il fallait entretenir. La direction décide alors de s’intéresser à l’éco pâturage, sollicite la société Cascade Paysage et accueille 5 chèvres du Massif central réputées aussi pour leur aptitude à brouter y compris dans les fourrés (et 2 chevreaux naîtront en 2017). Au final, cette option caprine coûte 250 euros de moins par an que l’option mécanique. « Les bénéfices de cette ‘location’ sont diverses : limiter notre empreinte carbone, diminuer le coût d’entretien de notre parcelle, et améliorer la qualité de la tonte du champ. Sans oublier que nos cinq chèvres sont agréables à regarder et que nombre de nos visiteurs passent leur dire bonjour ». Cette Capri thérapie a fait sourire au départ mais fonctionne. « Aller caresser nos cinq chèvres ainsi que leurs 2 chevreaux détend tout le monde. Le service des urgences a vue sur le champ, les équipes et les usagers sont ravis. Demain, les enfants accueillis dans notre future crèche pourront aussi en profiter », déclare Caroline Paindestre, directrice de la clinique.

La performance énergétique maintenant


Clinique du Tonkin, Villeurbanne (69)

Alors même qu’un déménagement dans de nouveaux bâtiments est prévu fin 2018, la commission développement durable de la Clinique du Tonkin, plus active que jamais, a recherché un projet de limitation de consommation d’énergie avec retour sur investissement rapide. « Nous avons, après deux bilans carbone et un audit énergétique, respecté la réglementation en vigueur mais il nous restait à trouver une démarche nous permettant d’améliorer notre performance énergétique. Nous avons donc signé un contrat avec un prestataire pour l‘optimisation de nos centrales de traitement d’air (CTA) en période d’inoccupation des blocs, avec ou sans installation de variateur de vitesse », explique Sophie Caroline Blanc, référente développement durable. Le retour sur investissement est de 18 mois, avec des gains énergétiques conséquents : 21 % pour l’eau chaude, 7 % pour l’eau glacée et 8 % pour l’électricité, et ce, avec zéro euro d’investissement de la part de la clinique.

Le futur Médipôle Lyon-Villeurbane en construction sera HQE et la démarche de certification a commencé dès la phase étude : certification NF HQE « Bâtiments tertiaires et/ou BBC Effinergie » obtenue le 06/08/2015 pour les phases programme et conception.

Le dossier

Les médecines alternatives et complémentaires (MAC) se révèlent progressivement au grand jour

Pourtant pratiquées par de nombreux professionnels de santé dans les hôpitaux et cliniques, les MAC échappent aux radars du PMSI. Quelles sont ces médecines alternatives, sont-elles reconnues, évaluées, enseignées ? Le C2DS faisait le point lors d’une journée dédiée.

D’abord une question de sémantique

Homéopathie, acupunture, hypnose médicale, aromathérapie, méditation, etc., comment nomme-t-on ces pratiques ? L’AP-HP choisit le terme de « médecines complémentaires » pour souligner l’association de ces pratiques à la médecine conventionnelle quand le Pr Alain Baumelou, néphrologue et responsable du Centre intégré de médecine traditionnelle chinoise à la Pitié-Salpêtrière, lui préfère la notion de « médecine intégrative ». Une appellation que choisit également le Dr Nathalie Geetha-Babouraj, ancien membre d’un groupe de travail à l’OTAN sur la place des médecines intégratives. « On se rend compte que, quels que soient les domaines, le mot intégratif a tout son sens. La société va vers l’hyper technologie mais pour aller vers un futur souhaitable, il ressort de ces échanges pluridisciplinaires qu’il est intéressant de mettre plus d’humanité », déclare-t-elle.  L’Académie de médecine recommande quant à elle l’utilisation des termes « thérapies complémentaires ». « Thérapies parce que l’objectif est de soigner, et complémentaires pour souligner l’utilisation de ces techniques en association très étroite avec la médecine traditionnelle. Il est hors de question d’entreprendre quoi que se soit sans un diagnostic médical préalable », précise le Pr Daniel Loisance, chirurgien cardiaque, membre de l’Académie et ancien chef de service à l’hôpital Henri Mondor.

Une définition des champs d’action

L’OMS et l’Inserm distinguent les thérapies biologiques utilisant des produits naturels issus de plantes, de minéraux ou d’animaux (phytothérapie, aromathérapie, etc.), les thérapies manuelles axées sur la manipulation (ostéopathie, etc.), les approches corps-esprit (hypnose médicale, méditation, sophrologie, etc.), et les systèmes complets reposant sur des fondements théoriques et pratiques propres (acupuncture, homéopathie, etc.).

En France, 4 MAC sont officiellement reconnues et peuvent faire l’objet de titres et mentions autorisées par le CNOM (conformément aux articles 79-80 et 81 du Code de déontologie médicale) : l’homéopathie, l’acupuncture, la mésothérapie, l’ostéopathie.

Aux Etats-Unis, en Allemagne, en Suisse, les MAC sont pratiques courantes

Depuis une vingtaine d’années, les MAC font l’objet de recherche dans les milieux universitaires et hospitaliers américains mais aussi dans celui de la médecine militaire, notamment avec la création du National Center for Complementary and Integrative Health dès 1998. Fort de ses 124 millions de dollars de budget et une équipe de plus de 70 personnes, ce centre conduit la recherche, diffuse des informations sur les pratiques et les produits, et développe des enseignements en médecine holistique. « Au pays de l’evidence-based medecine, l’existence de ce centre montre bien que la réflexion et l’officialisation de ces thérapies est logique et nécessaire aussi en France. Tant les professionnels que l’université y ont toute leur place », affirme Philippe Hartemann, professeur émérite de la faculté de médecine de Nancy. « Les américains sont très pragmatiques », souligne le Dr Nathalie Geetha-Babouraj, « depuis quelques années, les Américains privilégient les évaluations économiques des MAC dans des universités comme Harvard ou le Duke University Hospital. Ils évaluent les impacts économiques à moyen et long terme et si des économies sont constatées, ils décident de se lancer ! » En 2014, au vue des résultats de ces recherches, le Conseil de l’ordre des médecins américains reconnaissait la santé intégrative comme une spécialité médicale.

Plus près de nous en Europe, ce sont environ 60% du corps médical allemand qui intègrent les MAC et de nombreuses chaires ad hoc existent dans les facultés. Les universités suisses ont développé des instituts de recherche et d’enseignement dédiés. Certaines pratiques, évaluées, sont aujourd’hui remboursées en Suisse.

Le recensement des pratiques et l’évaluation des MAC en France restent à faire

En France, le recensement des pratiques est difficile alors que les observateurs confirment leur fort développement au sein des établissements de soin. « En l’absence de reconnaissance par les académies, le ministère, etc., cela reste complètement non transparent et comme ces pratiques ne sont pas tarifées, elles n’apparaissent pas. De ce fait, il y a une opacité très importante. Et par ailleurs, la structure hospitalière ne communique pas du tout sur ces pratiques sur le site Internet », déclare le Pr Alain Baumelou. Dès 2011, un rapport mettait pourtant en évidence la pratique des MAC à l’AP-HP qui a officialisé il y a peu son Centre intégré de médecine traditionnelle chinoise.

Les universités de Nice (Observatoire des médecines non conventionnelles – OMNC), Strasbourg, Nantes et Montpellier (plateforme universitaire européenne de méthodologie) travaillent sur l’évaluation des MAC.

Dans les structures privées de soin, de nombreux professionnels de santé sont très actifs. L’acupuncture apparaît dans les maternités, l’hypnose est utilisée lors de soins douloureux ou encore pour diminuer la consommation de produits anesthésiques dans les services de chirurgie, etc. Pratiquées dans des cadres médicaux très stricts, ces MAC passées sous silence hier, sont davantage affichées aujourd’hui, mais un recensement dans les établissements privés MCO reste à faire.

Une formation nécessaire des professionnels de santé

Si les formations comme les pratiques sont difficiles à repérer, elles se multiplient pourtant. « La question de la formation est très importante pour lever le voile de l’ignorance incroyable qui pèse sur l’utilisation des MAC. Plus de 50% des patients ont recours aux MAC dont plus de 50% n’en parlent pas à leur médecin et 90% continuent aussi avec la médecine conventionnelle en laquelle ils ont confiance », déclare le Pr Baumelou. Les choses bougent et des DU se mettent en place.

« Le soignant est un passeur culturel, d’où l’importance d’incorporer cette vision dans sa formation initiale et continue à l’université. L’éducation sur l’utilisation de thérapies complémentaires devrait être normalisée et obligatoire du curriculum des étudiants », complète le Pr Jacques Kopferschmit, chargé de mission sur les thérapies complémentaires à l’université et au CHU de Strasbourg. Suffisant ? L’Académie de médecine recommande d’introduire dans le programme obligatoire des études médicales, au cours du deuxième cycle ou en fin d’études, une information sur les thérapies complémentaires, leur place, leurs limites et leurs dangers.

Article rédigé en collaboration avec le C2DS.