Fil vert du 14 février 2017

Faites le plein d’idées pour recycler, rénover, vous déplacer…

Le tri pour la valorisation des déchets de papier de bureau – déchets d’imprimés papier, d’enveloppes et de pochettes postales, de papiers à usage graphique – est obligatoire depuis janvier 2017 pour les implantations regroupant plus de 50 personnes.
Pour mémoire, si votre implantation regroupe plus de 100 personnes, vous devez trier ces déchets depuis juillet 2016, et les implantations de moins de 50 personnes ont jusqu’à janvier 2018 pour s’y mettre.
Pour plus de détails : sous-section 2 de la section 3 du décret n° 2016-288 du 10 mars 2016 portant diverses dispositions d’adaptation et de simplification dans le domaine de la prévention et de la gestion des déchets.

Les initiatives

Réduction à la source de déchets

Hôpital privé Saint Claude, Saint-Quentin (02)

C’est par un cadeau que la suppression des gobelets en plastique a démarré : celui de tasses lavables offertes par le CE à l’ensemble des salariés. Le Comité de développement durable créé en 2015 et la direction décidaient d’éliminer tous les gobelets en plastique jetables utilisés par les patients et les personnels. Une anecdote ? Non, une démarche structurée de réduction à la source des déchets et qui a commencé par celui du papier. « Toutes les imprimantes ont été re-paramétrées en impression recto-verso et chaque service, bureau de praticien, secrétariat, disposent de collecteurs de papier qui est ensuite recyclé par une entreprise sociale qui crée des emplois à des personnes en situation de réinsertion », explique Julie Decamps, responsable assurance qualité.
Par ailleurs, depuis quatre ans, le comité organise avec le CHSCT une semaine du bien-être au travail, devenue trimestrielle, et propose des séances de réflexologie, sophrologie, de bien-être nutritionnel. « Ces moments de bien-être favorisent une meilleure ambiance de travail et limitent le stress. Ils sont très appréciés par le personnel ». Prochain rendez-vous en mars avec des séances de shiatsu et massages orientaux.

 

Les opérations de cataracte coûtent en CO2 400 fois le tour de la Terre en avion

Polyclinique Saint Roch, Cabestany (66)

Avec environ 650 000 interventions en France de la cataracte, cet acte chirurgical a une empreinte environnementale massive. « L’œil est un organe qui mesure 2 cm à peine et lorsque l’on opère une cataracte, on sort du bloc opératoire plusieurs sacs de déchets. J’ai voulu analyser ce paradoxe et voir si en modifiant nos comportements, on ne pouvait pas réduire ce volume de déchets », déclare le Dr Serge Zaluski, chirurgien ophalmologue à la Polyclinique Saint Roch à Cabestany dans les Pyrénées-Orientales.
Avec le soutien du C2DS et de sa filiale Primum Non Nocere, le Dr Zaluski mesurait l’empreinte carbone de cet acte de soin et pesait tous les produits et dispositifs médicaux utilisés : 1,5 kg de DASRI, 830 g de déchets assimilés aux ordures ménagères, 340 g de cartons, 63 kWh ont été nécessaires ainsi que 124 litres d’eau. Le bilan d’émission de gaz à effet de serre s’élève à 17,45 kg équivalent CO2 par opération.
L’équipe de la Cardiff Eye Unit au Pays de Galles a réalisé le même exercice en intégrant les déplacements du patient et des soignants en amont et en aval de l’opération et obtient un bilan de 181,8 kg équivalent CO2 (soit plus de 10 fois plus).
Une démarche « d’éco-conception » des soins est ainsi en train de naître !

 

Mieux séquencer le rejet des effluents en dialyse

Centre de Dialyse NephroCare, Béziers (34)

La convention spéciale de déversement (CSD) conclue entre NephroCare Béziers et sa Communauté de communes d’implantation est la plus ancienne des conventions signées au sein de NephroCare.
Dans le cadre du suivi de cette convention et en partenariat avec l’ARS, le Centre NephroCare Béziers a réévalué ses pratiques en matière de gestion des effluents, explique Georges Bendine, directeur qualité et environnement Fresenius Medical Care France. « Nous avons fait analyser les effluents par une entreprise spécialisée. Le relevé des débits, température et pH, a été réalisé toutes les minutes pendant 24h d’activité. Nous en avons conclu qu’en modifiant certaines pratiques organisationnelles, comme celles de programmer les désinfections thermochimiques des systèmes de thérapie et en les échelonnant la nuit en dehors des périodes d’activité, nous pouvions éviter les pics d’acidité et de chaleur difficiles à gérer par les stations d’épuration des eaux usées. »
Ces actions ont ainsi permis de satisfaire les exigences environnementales de la convention. La gestion des effluents est aujourd’hui mieux cadencée. Des changements simples de pratiques qui se révèlent doublement intéressants aussi pour les Communautés de communes et les centres de retraitement des eaux usées. Un avenant à la CSD a été signé et un groupe de travail spécifique « Effluents » a été initié au sein de NephroCare afin de s’emparer de ces problématiques et de partager les solutions qui seront mises en œuvre.

Le dossier

Le dioxyde de titane, une bombe à retardement ?

Une étude de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) menée sur des animaux et publiée fin janvier montre que l’exposition orale au dioxyde de titane (E171), est susceptible d’entraîner des effets sur la santé.

Sous forme nanoparticulaire, le dioxyde de titane (TiO2) est incorporé à de nombreux produits de la vie quotidienne, comme les cosmétiques, les dentifrices, les crèmes solaires et diverses formulations pharmaceutiques, mais aussi les peintures, ciments, colles, faux plafonds, carrelages, revêtements de sol, etc. Dès 2006, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le TiO2 comme « cancérigène possible pour l’homme » (2B).

Même si les scientifiques soulignent que leurs résultats ne sont pas directement transposables à l’homme, il s’agit d’une sérieuse alerte sanitaire à l’adresse des consommateurs, des pouvoirs publics et des professionnels de santé.

En 2011, Que Choisir écrivait déjà : « Avec le dioxyde de titane, on se retrouve dans la même situation qu’avec l’amiante il y a 40 ans » et le C2DS alertait le ministère de la Santé sur la présence massive à l’hôpital de produits contenant du dioxyde de titane sous forme nanoparticulaire. Le nanomatériau peut être absorbé par voie digestive, cutanée ou respiratoire.