Fil Vert du 14 mars 2018

Inondations, chutes de neige, vague de froid…
Vivement le printemps !

(potager sur la terrasse de la Clinique Pasteur à Toulouse, printemps 2017)

 

Les initiatives

25 filières de tri 

Clinique Esquirol Saint-Hilaire, Agen (47) 

À la Clinique Esquirol Saint-Hilaire, la démarche de développement durable fait partie intégrante du projet d’établissement, tant sur le plan social, sociétal, économique, qu’environnemental. En ce qui concerne les déchets, 25 filières de tri sont installées : emballages, dispositifs médicaux, radios, verre, graisses, matériel électrique, bouchons, lunettes et bien d’autres. Depuis le 1er novembre, une « benne compacteur » complète le dispositif. Elle a pour but de recycler les cartons, y compris le petit cartonnage des médicaments, le papier, les essuie-mains et les tenues de bloc qui sont en fibre de papier. Les agents logistiques et les magasiniers, formés à son utilisation, sont chargés de la collecte dans les différents services. Prochain objectif, la récupération des bios déchets, prévue en 2018.

 

Les vertus du virtuel 

Clinique du Val d’Ouest, Écully (69)

C’est sous l’impulsion de 3 infirmières anesthésistes, 1 infirmière de bloc et des médecins anesthésistes que Les P’tits doudous sont arrivés dans l’établissement en 2016. Pour cette clinique ayant une forte activité en pédiatrie, le bien-être des enfants est essentiel. Quoi de mieux pour apaiser l’anxiété pré-opératoire du petit patient que d’en faire le héros d’un jour ? Depuis le 1er mai 2017, l’association propose donc aux patients de 2 à 9 ans du pôle pédiatrique le serious game le héros, c’est toi ! L’application est installée sur une tablette confiée à l’enfant dans sa chambre. Il conçoit son avatar puis réalise un vrai parcours d’aventurier, accompagné d’un doudou virtuel. Dénicher des objets,  « faire la course avec l’infirmière » pour gonfler un brassard, etc. À l’entrée du bloc, une salle d’accueil apaisante, décorée sur le thème de la mer, lui permet de rester encore un peu avec ses parents. Puis il s’endort paisiblement en essayant de reproduire, par le souffle, les courbes affichées sur son écran. Au réveil, c’est un véritable doudou – sosie de son ami virtuel – qui lui est offert. Moins d’anxiété, moins de prémédication, pour le bien-être de l’enfant, de ses parents… et des soignants qui sont fédérés autour de ce projet. Moins de déchets, aussi, puisque l’association est en partie financée par la valorisation des lames de laryngoscopes et fils de bistouris.


Le dossier

Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens…
Encore un effort !

L’Inspection générale des affaires sociales a publié en décembre dernier son rapport sur la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE). Initiée en 2014, la SNPE est l’une des trois seules initiatives de ce type en Europe, avec la Suède et le Danemark.
Le rapport en dresse un bilan globalement positif, précisant que la SNPE « était très opportune pour affirmer la volonté politique française d’agir sur un sujet complexe(…) prioritaire en santé-environnement ». Mais il en souligne les limites, au regard des enjeux considérés comme « majeurs pour la santé et l’environnement ».

La recherche est fondamentale.

La SNPE comportait 4 axes, le 1er portant sur l’amélioration des connaissances. Les auteurs constatent qu’il existe un panel restreint de méthodes pour évaluer si une substance est un perturbateur endocrinien (PE), et que la surveillance de leur présence dans l’environnement dépend des milieux. Ainsi, celle des sols est quasi-inexistante, et celle de l’air est en retard comparée à celle de l’eau qui est cadrée par une directive européenne. Les impacts de ces substances sur les écosystèmes ne sont pas suffisamment étudiés, plaident les auteurs qui soulignent le manque de financement pour la recherche : « La réduction des moyens nationaux consacrés à la recherche depuis 2014, aggravée par les évolutions à l’échelon européen (…), a fragilisé la petite communauté scientifique qui s’est constituée depuis quelques années sur le thème des PE
Dans ce domaine, les travaux de recherche sont cruciaux car certains PE échappent aux principes classiques de la toxicologie – selon lesquels l’effet est proportionnel à la dose – rendant la notion de seuil de nocivité inopérante. Il existe également un effet « cocktail ».

Le 2e axe concernait l’évaluation des risques et incluait un programme d’expertise. Si l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation a respecté son engagement en évaluant 5 substances par an, l’Agence nationale de sécurité du médicament n’a par contre pas été en mesure de tester chaque année 3 substances présentes dans les cosmétiques.

Réglementation : mobiliser l’Europe.

Le 3e axe portait lui sur la réglementation et le soutien aux solutions de substitution. La France souhaitait une définition européenne des PE, qui privilégie des critères fondés sur le danger. De tels critères ont été publiés fin 2017, mais uniquement pour les biocides. Les efforts entrepris pour restreindre ou exclure les substances à effet PE ont par contre abouti à l’interdiction du bisphénol A dans les tickets thermiques. Mais la Commission européenne n’a pas réexaminé l’approbation de 21 substances phytopharmaceutiques. Par ailleurs le soutien public aux démarches industrielles de substitution n’est pas mis en place.
Enfin, le 4e axe visait la formation et l’information. Certains professionnels de santé ont bénéficié d’actions de formation continue, et quelques actions à destination de la population ont été amorcées, mais les initiatives restent dispersées.

Vers une stratégie plus cohérente et efficiente.

Le rapport souligne que la SNPE est une stratégie pertinente, qui a fait émerger clairement la question des PE, mais dont les résultats doivent être amplifiés. Pour cela, il préconise un dispositif de pilotage volontariste et des mesures plus opérationnelles. La nouvelle stratégie devra ainsi se concrétiser en un plan d’action – articulé avec le futur PNSE 4 et le contexte européen – qui contient des objectifs, mesures et indicateurs précis, ainsi que des moyens et un calendrier. Afin d’améliorer la cohérence des actions, les auteurs proposent le regroupement des moyens au sein d’un Centre national de référence, couplé à une infrastructure de recherche dédiée.

Pour les rapporteurs, c’est la crédibilité des pouvoirs publics est en jeu. Ils affirment que « Les perturbateurs endocriniens s’inscrivent parmi les situations à risque caractérisées par un manque de confiance dans l’action publique ». Au plan européen, « le différentiel entre la vitesse des avancées des connaissances scientifiques et la capacité d’adaptation des règlements sur ce type de sujets émergents est de nature à nuire à la crédibilité de l’action communautaire». Au plan national, les auteurs demandent que la nouvelle stratégie nationale soit portée par l’ensemble des ministères concernés, au-delà de la santé et l’écologie, car « Il en va de l’efficacité de sa mise en œuvre et de la crédibilité de l’action de l’État ».

La stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE). Évaluation de la mise en œuvre et propositions d’évolution.