Fil vert du 15 juin 2017

Les initiatives


Le souci de bien faire

Polyclinique de Blois, La Chaussée-Saint-Victor (41)

La Polyclinique de Blois, seul établissement sanitaire privé en France à avoir été évalué AFAQ 26 000 pour son programme RSE et qui vient de souffler ses dix bougies, ne se repose pas pour autant sur ses lauriers. « Après dix ans, nous avions un certain nombre d’équipements à remplacer », explique Carine Raffin-Peyloz, directrice adjointe en charge du développement durable. Fidèle à ses valeurs et à ses méthodes, les achats ont été évalués soigneusement, en concertation avec les équipes. « Pour notre nouveau tunnel de lavage, nous avons décidé de devenir établissement testeur d’un matériel de pré-série, non encore commercialisé. Pendant six mois, nous avons testé la maniabilité, comparé les consommations avec d’autres appareils. À l’issue de cette phase pilote, nous avons fait l’acquisition de cet équipement à prix minoré. Concernant le remplacement de notre parc de chariots repas, souvent lourds et peu maniables, nous avons opté pour des chariots motorisés, pour un tiers du parc, et pour des chariots plus bas offrant une meilleure visibilité, pour le reste . Les équipes ont testé plusieurs modèles et ont pesé dans la décision. Les personnels sont ravis », conclut-elle. Les achats et le bien-être au travail font partie des cinq axes de travail prioritaires de la Polyclinique qui comprennent également les déchets, l’énergie et la mobilité, la nutrition et la santé.

 


Recycler, c’est fondamental

Clinique Fontvert, Sorgues (84)

Commencer par les fondamentaux lorsque l’on amorce une démarche de développement durable est essentiel. La Clinique Fonvert l’a fait en travaillant d’arrache-pied depuis 2013, formation à l’appui, à développer 12 filières de tri, pour la plupart aujourd’hui tracées. Si certains déchets passent par les filières dites ‚classiques‘, d’autres, tels les déchets de bureau, les documents confidentiels ou encore les mobiliers en ferraille, sont confiés à des acteurs locaux. Et pour aller encore plus loin, la clinique étudie la mise en place d’une filière de collecte des mégots. Étant donné qu’un mégot de cigarette met environ 12 ans à se désagréger, qu’il contient de la matière organique et du plastique, des matières valorisables, ce serait en effet dommage de le lancer dans la nature !

 

Le dossier

Tabagisme des soignants : la dernière cartouche ?

« Ce n’est pas un hasard si vous êtes les premiers à qui je m’adresse (…) Je voudrais vous parler aujourd’hui de prévention. » La nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a donné le ton lors de sa première intervention officielle, le 30 mai, en insistant sur la nécessaire implication des médecins dans la lutte contre le tabac.

L’hématologue a aussitôt pointé du doigt le « problème du tabagisme des professionnels de santé ».

Qui s’en souvient ? Un décret découlant de la loi Veil prohibait dès 1976 l’usage du tabac dans tous les établissements de santé. Il fit long feu, l’hôpital refusant le rôle du gendarme. C’est la loi Evin (1991) qui a changé la donne : en reconnaissant le principe de protection des non-fumeurs, elle bannit les fumeurs à la fois des locaux recevant du public, et des lieux de travail. Patients et soignants se retrouvèrent donc dans les lieux spécifiques qui leur étaient réservés. L’interdiction totale de fumer, elle, est en œuvre depuis 2007.

Exemplaires, forcément exemplaires ?

Mais bien au-delà du respect de ces obligations règlementaires, les soignants sont depuis longtemps invités à s’impliquer dans la lutte contre le tabagisme. Le Dr Bernard Kouchner le rappelait en 1999 : « Il est indispensable de mener des actions de sensibilisation, de prévention et d’information à destination des soignants, des malades et des visiteurs. »

Depuis, et malgré la mise en œuvre de 3 plans cancers, les soignants sont toujours écartelés entre cette injonction, et leur addiction.

Malgré une forte féminisation du personnel, les études (Baromètre de l’OFDT, 2003 et étude au CH de Rochefort-sur-mer, 2008) montrent que les soignants fument autant que le reste de la population. Les étudiants, les agents de service, les aides-soignants et infirmier(e)s sont les plus touchés, et les plus dépendants. « Si les chiffres montrent un net infléchissement chez les généralistes avec 16 % de fumeurs en 2015, vs 29 % en 2003, ils sont alarmants chez les infirmiers (31 %) et aides-soignants (44 %) », s’est d’ailleurs inquiétée la ministre, qui souhaite que « par souci d’exemplarité et d’efficacité de l’action auprès de leurs patients, la prévalence du tabagisme des soignants français rejoigne celle de leurs homologues américains et anglais, autour de 5 % ».

Nous en sommes loin. Une étude de 2006 montrait que seuls les médecins et sages-femmes étaient nettement favorables à l’interdiction totale du tabac à l’hôpital, et que par ailleurs ce thème était problématique pour 67 % des directeurs !

Dans le cadre du Moi(s) sans tabac en novembre dernier, opération de marketing social « exemplaire », selon le Pr Buzyn, seulement 700 documents ont été commandés par les professionnels de santé. « Trop peu » a-t-elle regretté.

Pourtant, les soignants le savent : « un séjour hospitalier ou le projet d’une hospitalisation est le lieu et le moment juste pour arrêter de fumer » (Olivier Toma, fondateur de Primum non nocere et du C2DS). Les bénéfices du sevrage tabagique avant une chirurgie sont bien connus : réduction du risque d’infection nosocomiale, amélioration de la cicatrisation…

La prévention doit donc reprendre sa place. Dès 2014, le C2DS rencontrait l’administration Touraine pour proposer un plan d’action : bâtir un programme d’aide au sevrage tabagique pour les personnels, former en interne un agent à l’aide au sevrage tabagique… Cette campagne « Clinique non fumeur », en partenariat avec la CAHPP et l’ex-CISS, invite les établissements adhérents du C2DS à engager 6 actions sur les 10 proposées.

1re action évoquée : interdire de fumer aux abords des établissements de soins. Le C2DS avait d’ailleurs sollicité Marisol Touraine sur ce sujet. Mais si depuis 2016 il est interdit de fumer, même à l’extérieur, à proximité des zones fréquentées par les enfants et scolaires, nulle mention des hôpitaux et cliniques ! Pourtant, l’OMS préconise cette interdiction depuis… 2002 !