Fil vert du 15 mai 2017

Les initiatives

 


100 000 menus bas carbone

Clinique Pasteur, Toulouse (31)

En 2015, le temps d’une journée d’engagement lors de la COP 21, les 1 200 repas bas carbone préparés par la Clinique Pasteur pour les patients et personnels ont littéralement fait un effet bœuf (ou plutôt anti-bœuf, sachant que cette viande est la source de protéine la plus polluante). En 2016 s’est formé un collectif de restauration collective de la ville de Toulouse afin d’étendre ce dispositif dans plusieurs restaurants d’entreprises et cantines scolaires. 40 000 repas bas carbone furent alors servis. En 2017, ce sont 100 000 repas bas carbone qui seront préparés le 1er juin à l’occasion de la semaine européenne du développement durable. Cette opération soutenue par l’Ademe est menée avec le Grand Toulouse. Au menu : salade avec un petit légume type radis, poulet ou truite avec une purée de légume et fruit ou compote en dessert. « La partie restauration pèse lourd dans notre bilan carbone », explique Olivier Collet, référent de la cellule Développement durable à la Clinique Pasteur. « Avec l’aide de l’agence Primum, nous avons repris tous nos menus pour en calculer l’empreinte carbone. Puis, avec nos partenaires, nous avons créé une marque : le menu 2foisBON, BON pour la santé et BON pour la planète, afin de favoriser la mise en place de nouvelles pratiques d’alimentation responsable. Nous voulons montrer que nos actions sont transposables, mais parfois elles nous dépassent ! »

*Fil Vert du 08 décembre 2015 : « Pour affirmer leurs engagements, les cliniques Pasteur, Médipole Garonne, Saint Exupéry, Sarrus Teinturiers/Saint Nicolas et Monié/Minimes, mettaient en place un « menu bas carbone », avec 2300 repas servis, pour remplacer le menu de base du déjeuner jeudi 3 décembre 2015. »

http://www.2foisbon.fr/
https://www.facebook.com/Menu-2-fois-BON

L’aventure EMAS continue

Cliniques Saint-Roch et Clementville, Montpellier (34)

Attestant d’un engagement au long cours, les cliniques Saint-Roch et Clementville viennent conjointement de renouveler leur enregistrement EMAS* pour 3 ans et font ainsi partie de la petite dizaine d’établissements de santé et médico-sociaux actuellement enregistrés en France. Selon Alain Lorente, directeur adjoint de la Clinique Saint-Roch, « dès les premiers coups de crayon pour notre nouvel établissement inauguré en 2016, notre sensibilisation au développement durable acquise avec EMAS nous a permis de tout prendre en compte, à savoir l’éco-construction, la qualité environnementale des matériaux utilisés, la luminosité – la plupart des pièces sont ajourées, y compris les blocs opératoires – mais aussi la qualité de vie au travail, avec notamment une attention particulière aux déplacements des collaborateurs, ainsi que des aspects techniques qui se traduisent par des procédés innovants et économes.» Le groupe OC Santé, riche des efforts et succès de ses deux établissements pilotes souhaite maintenant déployer le label EMAS sur d’autres établissements du groupe.

*EMAS (Eco-Management and Audit Scheme) est un système européen de management et d’audit environnemental à participation volontaire pour l’évaluation et l’amélioration des performances environnementales des organisations.

Axes de travail prioritaires choisis par les Cliniques Saint-Roch et Clementville : la réduction des impacts environnementaux, la promotion de la qualité de la vie au travail et la réduction des coûts.

Plus que du covoiturage

Hôpital Privé Nord Parisien, Sarcelles (95)

Cela fait cinq ans qu’une douzaine de patients du centre d’hémodialyse de l’Hôpital privé Nord Parisien font ambulance commune. Les raisons pour adopter le transport simultané de plusieurs patients sont multiples : réduire le nombre de transports donc le coût pour l’Assurance maladie, limiter la production de gaz à effet de serre, créer des liens entre les patients. Pour l’HPNP, adhérent de la première heure à la campane « 2for10 » de réduction des gaz à effet de serre à hauteur de 20 % d’ici 2020, objectif actuellement largement dépassé, encourager le covoiturage des patients est dès l’origine motivé par la volonté de diminuer les émissions issues des transports patients. Le prestataire de transport sanitaire joue par ailleurs pleinement le jeu du transport partagé et propre, puisqu’il vient de faire l’acquisition de deux véhicules électriques et forme ses ambulanciers à l’éco-conduite. De même, l’HPNP réfléchit actuellement à des solutions pour réduire le nombre de véhicules circulant aux abords de l’établissement.

 

Le dossier

Des poches de sang sans PVC, c’est pour bientôt !

Depuis leur introduction dans les années 50, les poches de sang sont en PVC et contiennent des phtalates. Ces perturbateurs endocriniens ont été intégrés initialement pour assouplir le plastique. Etonnamment, ils concourent aussi à stabiliser les globules rouges dans les poches de sang !

Lancé en 2011, le projet « PVC free blood bag » (poches de sang sans PVC) est financé par l’Union Européenne et mené par l’institut suédois Jegrelius Institute for Applied Green Chemistry, avec l’hôpital universitaire Karolinska (SE), les entreprises Melitek (Dk), Wipak (Fi), Primo Profile (Pl), Haemotronic (It). Il vise à mettre au point des poches de sang sans PVC répondant à l’ensemble des exigences essentielles de sécurité et de certification. Ce projet arrive à son terme et un rapport final sera publié courant 2017.

Il a été observé que les phtalates contenus dans les poches de sang se dissocient du plastique et migrent dans l’organisme pendant la transfusion. La quantité ainsi relâchée dépend du temps de conservation, de la température, de la concentration en lipides, etc. Aussi, au cours de ce projet, des films plastiques en polyoléfine ont été produits et un premier prototype de poche de sang vient d’être testé à l’hôpital universitaire Karolinska de Stockholm.

Les premiers résultats sont prometteurs. Des poches de sang sans PVC existent d’ores et déjà, mais des tests supplémentaires devront être effectués pour sélectionner un meilleur additif, les deux testés ne remplissant pas leur mission de conserver les globules rouges jusqu’à 42 jours.

L’objectif suivant pour l’organisme porteur du projet sera de soutenir la demande en poches de sang sans PVC à l’issue de la phase pilote. « Nous avons besoin du soutien des organisations et associations et de toutes les parties prenantes engagées dans le domaine de la santé pour promouvoir cette nouvelle technologie, que nous pensons majeure dans la défense d’une santé durable pour les patients », souligne Lena Stigh, chef de projet. « Une demande manifeste et soutenue des établissements de santé pour des poches de sang sans PVC faciliterait grandement la question de la production à grande échelle et de sa commercialisation. D’autre part, une évolution de la législation au niveau européen sur les perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire leur suppression progressive dans les dispositifs médicaux, serait de nature à favoriser la commercialisation des poches de sang sans PVC. »

Il faut noter que jusqu’alors, aucun des nombreux projets initiés en Europe et aux États-Unis n’a réussi à éliminer les poches de sang en PVC.

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