Fil vert du 15 novembre 2017

La Semaine européenne de la réduction des déchets, organisée par l’ADEME du 18 au 26 novembre, ce sont 12 000 actions dans plus de 27 pays, pour mettre en avant la prévention des déchets. Car le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas.

Produire et consommer mieux, prolonger la durée de vie des produits, jeter moins… Tout le monde peut agir !

Les initiatives

Nettoyage d’automne

Clinique du Parc, Castelnau-le-Lez (34)

Équipés de pinces, gants de chantier et sacs poubelles, ils étaient plus de 40 samedi 23 septembre à arpenter 3 heures durant le Parc Monplaisir et les rives du Lez. Rien n’échappait à leur verte vigilance : mégots, bouteilles, détritus en tous genres. Le personnel, dont le directeur Yann Reynaud, était venu en force, et en famille, pour cette matinée ludique, et utile ! L’occasion de sensibiliser les plus jeunes à la pollution, et de prendre soin de cet environnement magnifique qui abrite la clinique depuis tout juste 50 ans. Une belle manière aussi de se retrouver, entre collègues, dans un cadre différent. « Il s’agit d’un évènement convivial et utile qui s’inscrit dans la politique RSE de la Clinique » précise Gérald Pigeaud, DRH de l’établissement.
Sur le kilomètre parcouru, plus de 40 sacs poubelles ont été remplis, puis évacués par les services de la mairie, partenaire de l’opération. Il était alors temps pour les courageux bénévoles de dresser les tables dans le parc embelli, et partager une paëlla. Gageons que pas un couvert, pas une serviette n’ont été laissés sur place ! Une belle initiative, qui un jour peut-être deviendra inutile grâce à la prise de conscience des nouvelles générations. D’ici là, rendez-vous l’année prochaine pour la 5e édition de l’opération « Grand nettoyage des rives du Lez ».

La pointe du progrès

Hôpital Privé Saint-Martin, Pessac (33)

Consommer moins de molécules pour l’anesthésie, améliorer le bien-être des patients et par le jeu des neurones miroirs celui des soignants. 3 bonnes raisons qui ont conduit le Centre Anesthésia, créé par les médecins anesthésistes de l’établissement à laisser une place de choix à l’hypnose et l’acupuncture.
« Ici, l’hypnose est largement utilisée avant les anesthésies générales, permettant une anticipation positive de la phase de réveil – qui s’en trouve écourtée et adoucie – ainsi qu’une réduction des doses de morphine consommées. » précise le Dr Yannick Breton, médecin anesthésiste-réanimateur. Une possibilité choisie par 70 % des patients. L’hypnosédation, combinée avec une anesthésie locale, est quant à elle utilisée pour des interventions vasculaires, gynécologiques, endoscopiques, ou des exérèses de tumeurs cutanées.
4 médecins sont également formés à l’acupuncture, et l’utilisent pour lutter contre l’anxiété avant l’intervention, mais aussi pour atténuer les effets secondaires de l’anesthésie : globes urinaires, nausées et vomissements, douleurs de trachées. Ces alternatives sont présentées aux patient.e.s en consultation d’anesthésie, ou lors des journées organisées en préopératoire dans le cadre de la réhabilitation améliorée après chirurgie. Le développement de l’ambulatoire, peu compatible avec l’usage de prémédications à longue durée d’action, donnera probablement de plus en plus de place à ces techniques. Aux quelques réticences initiales des chirurgiens a d’ailleurs succédé un réel intérêt : le Dr Yannick Breton intervient à présent, à leur demande, lors d’EPU ou de congrès.

Pas de petites économies

Hôpital Privé Arnault Tzanck Mougins, Sophia-Antipolis (06)

L’amélioration des installations techniques et le choix de technologies nouvelles témoignent d’un fort engagement de l’établissement dans une démarche écoresponsable. Ainsi, les nouveaux locaux, voies de circulations et parkings souterrains disposent à présent d’éclairages LED et sont progressivement équipés de radars de détection afin que ces zones soient éclairées uniquement si nécessaire. Ces modifications réduisent la consommation électrique, le nombre d’actions de maintenance, et en conséquence prolongent la durée de vie des luminaires.
Par ailleurs, une partie des équipements de climatisation et chauffage des locaux administratifs du Pôle de Chirurgie de l’Espérance bénéficie d’une programmation horaire, qui coupe les équipements et abaisse les consignes de température, la nuit, dans les zones inoccupées. Les fenêtres sont aussi pourvues de contacts qui conditionnent l’arrêt automatique des équipements de chauffage et climatisation lorsqu’elles sont ouvertes. Sur ce même site, les centrales de traitement d’air des blocs opératoires disposent également d’une gestion horaire.
Enfin, les calories émises par les compresseurs des « Groupes Froid » sont réutilisées pour préchauffer l’eau chaude sanitaire et l’eau de chauffage. Les ventilo-condenseurs et les chaudières à gaz sont ainsi moins sollicités, permettant des économies d’électricité et de gaz, et une réduction des rejets de CO2. Toutes ces installations sont reliées à une Gestion technique centralisée (G.T.C), permettant d’optimiser le fonctionnement des systèmes et l’efficience énergétique. L’audit énergétique en cours déterminera les nouveaux axes d’amélioration.

Le dossier

Perturbateurs endocriniens
Dans le poison, rien n’est bon…

Le 9 novembre, les élus du parlement européen n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la durée de renouvellement de la licence d’exploitation du glyphosate. Classé comme « probablement cancérogène » par le Centre international de recherche sur le cancer, il ne serait par contre pas un perturbateur endocrinien (PE) d’après l’agence européenne de sécurité des aliments. Une belle illustration de la difficulté à évaluer la dangerosité de ces substances, et de faire la part entre les études indépendantes et publiques, et celles financées par l’industrie.
Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques qui peuvent interférer avec le système endocrinien, soit en imitant l’action d’une hormone naturelle, soit en se fixant sur les récepteurs des hormones naturelles, soit en modifiant les concentrations d’hormones présentes dans l’organisme. Phtalates, bisphénol, parabènes, etc. pénètrent dans l’organisme par voie orale ou cutanée. On les retrouve dans certains produits industriels (produits phytosanitaires, médicaments, cosmétiques, textiles, etc.) et la liste des suspects ne cesse de s’allonger.

Pour André Cicolella, toxicologue et président du Réseau environnement santé, « les perturbateurs endocriniens induisent un changement de paradigme en toxicologie : la relation dose-effet n’est pas linéaire et l’effet peut être plus fort à faible dose qu’à forte dose ». L’effet « cocktail » serait de plus délétère, ce que semble confirmer un rapport de l’Inserm (publié en septembre 2017) montrant l’exacerbation des effets des molécules lorsqu’elles se combinent. Les experts s’accordent sur un point : il faut protéger en priorité les populations vulnérables et tout particulièrement les femmes enceintes et les enfants sur lesquels l’impact des PE est observé par une nombreuse littérature scientifique.

Une autre étude de l’Inserm – sur 500 garçons nés entre 2003 et 2006 – vient d’associer le triclosan, un autre PE, à certains troubles du comportement. Ce biocide, qui traverse le placenta et a même été retrouvé dans des cordons ombilicaux, est encore présent dans le savon ou les solutions hydro-alcooliques utilisés dans les établissements de soin. 200 scientifiques et professionnels de la santé ont pourtant signé le 20 juin dernier le Florence Statement pour avertir que le triclosan et le triclocarban, un produit similaire, « ne devraient être utilisés que si leurs effets positifs pour la santé sont prouvés« .

Comment réduire les PE dans les établissements de soin ? Tout d’abord, passer son établissement au scanner et débusquer les PE. La campagne du C2DS est un bon support, et propose 10 éco-gestes : informer le personnel féminin de l’établissement, aérer les locaux, solliciter les fournisseurs pour identifier les PE (dans les dispositifs médicaux, les produits de soin et d’hygiène, les matériaux de construction, de décoration, de nettoyage, etc.) afin de les substituer progressivement, etc.

Si le choix des produits est primordial… Il est parfois ardu. Ainsi, le DEHP, phtalate couramment utilisé dans le PVC, est reconnu par l’Union européenne comme une « substance extrêmement préoccupante », et considéré comme PE. Présent dans certains dispositifs médicaux (poches à perfusion, tubulures, etc.), il devait être interdit par la France le 1er juillet 2015 dans les services de pédiatrie, néonatalogie et les maternités. Finalement, le règlement européen Reach (Registration, Evaluation, Authorization and Restriction of Chemicals) a imposé un taux de concentration < 0,1 %. Cette information étant peu ou pas accessible, comment les acheteurs des établissements de santé peuvent-ils respecter la réglementation ? Notons toutefois que certains industriels proposent d’ores et déjà des dispositifs médicaux exempts de DEHP.