Fil Vert du 16 mai 2018

En décembre 2015, la FHP-MCO marquait son engagement pour la planète à l’occasion de la COP 21. 400 arbres fruitiers étaient plantés selon le principe de la permaculture dans un jardin social et solidaire près de Paris. Un projet économique, social et écologique symbolique pour prendre soin de la planète et de ses habitants.

Les initiatives

Montrer la voie

Clinique Néphrologique Saint-Exupéry
Toulouse (31)

L’établissement a initié en 2017 un projet d’extension ambitieux qui lui permettra à l’horizon 2019 d’augmenter sa capacité d’accueil, d’assurer une prise en charge plus large de la maladie rénale, mais aussi de devenir un pôle médical pluridisciplinaire de référence. Les travaux ayant d’emblée rendu le parking inutilisable, un stationnement gratuit pour les collaborateurs, usagers et ouvriers du chantier a été mis en place sur un parking distant d’un kilomètre. C’est un système de navette gratuite, avec des rotations toutes les 10 minutes, qui permet l’accès à la structure. 50 trajets journaliers assurés par des travailleurs en situation de handicap.
Ce choix est évident pour Claire Grenouillet, directrice, qui observe : « Ce système de navette permet de répondre à la problématique d’accessibilité au site et d’éviter des stationnements gênants pour les habitants du quartier. De plus, faire appel à une entreprise adaptée s’inscrit dans la volonté de notre établissement de mener une démarche globale RSE, tout en nous permettant de mieux satisfaire aux obligations concernant l’emploi des personnes en situation de handicap et de minorer notre contribution Agefiph. Et puis… Le temps de trajet est mis à profit par les équipes pour des échanges improvisés, cela crée du lien ! ».

Les forces vives 

Institut Arnault Tzanck
Saint-Laurent-du-Var (06)

Manon Florent, étudiante en master professionnel « Énergie, matériaux, environnement, qualité et management » est présente dans l’établissement en alternance depuis septembre 2017. Une expérience précieuse pour elle – seule personne de sa promotion à avoir choisi un établissement de soins – et l’opportunité pour l’Institut de renforcer sa démarche de développement durable. Sa mission principale est ambitieuse : préparer la certification ISO 50001, portant sur les énergies et attribuée à quelques établissements de soins seulement. Elle participe aussi à l’élaboration d’un cahier des charges, en vue de la mise en place d’une flotte de véhicules électriques pour les services de HAD et de soins à domicile. À plus court terme, Manon s’implique activement dans la préparation de la semaine du développement durable (du 30 mai au 5 juin). Au programme, ateliers de sensibilisation aux bons gestes, concours photo « Les déchets n’en font qu’à leur tête » et intervention au self pour inviter le personnel à trier les déchets alimentaires. Le développement durable, c’est aussi le thème retenu en mai pour le « Quart d’heure qualité ». Chaque mois, un sujet précis choisi par le personnel est présenté en 15 minutes par une personne ressource, qui se déplace dans les services de soins.
« La présence de Manon apporte un dynamisme qui entraîne les équipes à se positionner dans une démarche de développement durable au quotidien » observe la direction. « Son enthousiasme et ses compétences sont une richesse pour notre établissement. »
Accueillir un étudiant en alternance, une idée à suivre !

Rouler à bloc

Hôpital privé Le Bois
Lille (59)

Depuis début avril, les petits patients du service ambulatoire vont au bloc en voiture électrique ! C’est Eliot, 4 ans, qui a inauguré ce concept, tout droit venu des États-Unis et qui se répand rapidement en France. Une idée simple, et qui fonctionne. L’enfant dédramatise ce moment si particulier qui précède l’intervention, et ses parents sont soulagés de le voir souriant. La séparation aux portes du sas est d’autant plus facile. « Il y a moins de stress, les enfants sont plus en confiance » confirme Ludovic Bossuit, brancardier, qui pilote le bolide… À moins que l’enfant, ou ses parents, ne préfèrent s’en charger ! Le bénéfice est partagé par les soignants, dont le travail est facilité par un climat pré-opératoire plus serein. Un investissement judicieux pour l’établissement, qui a financé l’achat des deux véhicules.

Le dossier

L’hygiène chimique expliquée à tous

Les articles sur les perturbateurs endocriniens se multiplient dans la presse : 3 200 articles en 2016 contre 58 une décennie auparavant, souligne le rapport interministériel « La stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens » publié en décembre 2017. « Ces articles grand public sont parfois anxiogènes, et l’impact des perturbateurs endocriniens sur la santé devient une source d’inquiétude majeure pour les Français, alors que leur connaissance de la question reste floue », explique le Dr Pierre Souvet, cardiologue et président de l’Association santé environnement France. Bonne nouvelle, le ministère lance à l’automne une campagne nationale de communication et de sensibilisation des populations sur la contamination chimique. « Ce que nous avons dit au ministre et à la Direction générale de la santé, c’est qu’il faudra des interlocuteurs pour répondre aux questions de la population, donc des médecins formés à ces sujets. Or leur formation sur ces sujets peine à émerger » s’impatiente-t-il.

Les « Propositions pour évaluer et réviser le troisième cycle des études médicales » de l’IGAS en décembre dernier vont dans le même sens : « le développement dans tous les DES, dès la phase socle, des compétences en prévention et promotion de la santé publique, notamment les concepts d’exposome et les problématiques en santé environnementale, au-delà des seuls aspects liés à la sécurité sanitaire (gestion des situations sanitaires exceptionnelles et de qualité et sécurité des soins)». Une révision est indispensable pour que l’ensemble des médecins spécialistes soient des acteurs de la santé au sens large.

Le concept d’exposome

Le 14 juin à Marseille, dans une des salles du stade vélodrome, se tiendra un congrès (programme DPC) sur la thématique santé-environnement. « Cette formation a pour objectif de former les professionnels de santé, pour qu’ils puissent éclairer leurs patients sur les bonnes pratiques à adopter » explique le Dr Souvet. « On va leur expliquer que la contamination chimique est un des enjeux actuels de santé publique : les perturbateurs endocriniens, les pesticides, la pollution de l’air, ce sont des contaminations chimiques.

Après l’ère de l’hygiène infectieuse nous rentrons dans celle de l’hygiène chimique. Le principe de « la dose, c’est le poison » n’est plus vrai. La nouvelle problématique est celle de l’exposome, l’exposition à une multiplicité de produits chimiques, plus ou moins agressifs, qui se combinent pour constituer un effet cocktail. Les médecins doivent connaître ces sujets pour mener des actions de prévention pour que les personnes soient moins malades. »

Les médecins libéraux décident alors de relever le challenge. L’ASEF, en partenariat avec l’Union régionale des professionnels de santé PACA, décide de largement communiquer et produit des fiches mono-thématiques claires sur la contamination chimique à destination des praticiens de ville.

« L’URPS PACA est engagée de façon historique sur ces sujets. L’organisation d’un grand congrès à Marseille il y a quatre ans marquait déjà notre intérêt, et notre prochain se tiendra le 19 janvier », indique le Dr Wilfrid Guardigli, trésorier adjoint et pilote de la commission de travail santé environnementale. « Nous sommes également force de propositions sur l’axe prévention du CPOM. Dès lors qu’aucune formation n’est délivrée, y compris post-universitaire, la formation sur ces sujets fait clairement partie de nos missions et passe notamment par des congrès et une communication scientifique et pédagogique à l’attention de nos pairs. Nous assistons à une révolution : c’est un vrai pan de la médecine qui se développe là, comme la prise en compte de l’hygiène du temps de Pasteur. »

Congrès « santé environnement », 14 juin 2018, Marseille. Renseignements et inscriptions ici

Voir : www.asef-asso.fr ; www.urps-ml-paca.org

Crédits photos : Franck Dunouau,Clinique Néphrologique Saint Exupéry, Institut Arnault Tzanck, Hôpital privé Le Bois