Fil vert du 17 janvier 2018

 

Les initiatives

Unis dans l’effort

Centre Médico-Chirurgical
Les Cèdres, Brive-la-Gaillarde (19)

Rassembler les acteurs de la clinique autour d’activités sportives ou de bien-être, objectif atteint pour l’Association sportive les Cèdres sport santé, née en mai 2017, et qui compte déjà 90 adhérents. Créée sous l’impulsion de la directrice du CMC Les Cèdres, Isabelle Bielli-Nadeau, l’association veut prendre soin de la santé du personnel. En tissant des liens extra-professionnels, sans distinction de fonction, elle participe aussi au bien-être au travail. Salariés, libéraux, infirmiers, brancardiers, médecins, agents, prestataires, tous et toutes peuvent se retrouver dans la salle prêtée par l’établissement, le temps par exemple d’une séance de sophrologie conçue pour apprendre à se détendre au travail. Pour les matchs de handball ou de badminton, direction le gymnase voisin. Les jeudis, c’est le Dr Marc Quillot, chirurgien et président de l’association, qui encadre les baptêmes de plongée. Spéléo, escalade, le choix est vaste, il suffit de consulter le site créé par Patrick Boucher, vice-président de l’association. Pour cet aide-opératoire, « les valeurs primordiales sont l’engagement et la solidarité ». Il invite les responsables des activités à fixer un objectif annuel, comme la participation, en équipe, au marathon de Bordeaux.
Sur les maillots récemment livrés se côtoient les logos de l’établissement, du groupe, de la ville de Brive, du département, mais aussi d’une entreprise locale, partenaire de la clinique. Des maillots que l’on verra aussi lors des évènements sportifs organisés au profit de campagnes de sensibilisation. Des maillots que les adhérents porteront haut, et loin, mais toujours ensemble.

Le management de l’énergie : un pilotage de précision

Polyclinique de Saint-Privat,
Boujan-sur-Libron (34)

L’établissement s’est intéressé au développement durable dans le cadre plus large de la RSE, en initiant une démarche ISO 26000 dès 2011. Un premier pas, comme l’explique Yves Chatelard, directeur. « Ça nous a donné envie d’aller plus loin, et à l’occasion de la campagne ‘Two for ten’ du C2DS nous avons réalisé un bilan énergétique. Puis nous avons signé avec Dalkia un contrat de performance énergétique. Notre but était de réduire en 5 ans notre consommation électrique de 5 % et celle de gaz de 12 %. Objectif atteint dès 2016 pour l’électricité, en investissant dans des systèmes de régulation pour la climatisation et le chauffage, et pour réduire l’énergie consommée par les centrales de traitement d’air du bloc opératoire. Le recyclage d’air y est arrêté de 22h à 6h, mais les niveaux de surpression réglementaires sont conservés. Quant au gaz, notre consommation a baissé de 48 %. Les calories émises par les échappements des chaudières, et par les groupes froids, sont récupérées pour la production d’eau chaude. En été, nous sommes en autoconsommation ». À noter que les indicateurs tiennent compte des degrés-jours, donc des variations climatiques, mais aussi de l’activité.
Ce fin pilotage de l’énergie est facilité par la démarche de certification ISO 50001 – relative au management de l’énergie – entreprise en parallèle depuis 2015. Cette norme permet d’améliorer la performance énergétique, de réduire les coûts, et exonère les établissements de réaliser l’audit énergétique devenu obligatoire. La Polyclinique est l’un des rares établissements de santé certifiés ISO 50001.

Les 1 000 premiers jours

Hôpital privé Le Bois, Lille (59)

La maternité propose maintenant 10 chambres « Ecofamily », fraîchement rénovées. Protéger les mamans et nouveau-nés contre les polluants, c’est une priorité portée par le Dr Delphine Menet, pédiatre, et toute l’équipe médicale et paramédicale. La direction a donc choisi d’investir pour réduire au maximum l’exposition aux émanations toxiques. Nathalie Dudermel, sage-femme, nous présente ces chambres écologiques : « Les peintures, les sols et les colles présentes dans les meubles affichent une teneur en composés organiques volatiles très en deçà des normes. Très résistants à l’usure, ils libèrent peu de particules. La ventilation mécanique à double flux assainit l’air en permanence ». Les échantillons de cosmétiques remis aux parents ont aussi été passés au crible. Pour protéger durablement les nouveau-nés, des ateliers « Femmes enceintes environnement santé » sont par ailleurs proposés aux futurs parents dès la grossesse. Toutes les nuisances ont été traquées, dont le bruit. Dans les chambres et couloirs, des plafonds acoustiques améliorent le confort des parents et du personnel. Enfin, les plafonniers à LED et les stores semi-occultants diffusent une lumière adoucie.
Pour aller plus loin, les pistes ne manquent pas. À terme, le prestataire qui assure le nettoyage devrait utiliser des produits éco-labélisés. Le choix d‘une blanchisserie « propre » ou de tubulures sans phtalates sont aussi à l’étude. Si les parents apprécient la décoration pimpante et cosy des chambres, ils savent que l’essentiel n’est pas visible, comme ces polluants qui doivent, ici comme chez eux, être bannis pendant les 1 000 premiers jours de vie de leur enfant.

 

Le dossier

États généraux de l’alimentation :
les cliniques sont concernées

Annoncés par le président de la République en juin dernier, les États généraux de l’alimentation se sont tenus en décembre. Les objectifs sont ambitieux et visent, à long terme, à relancer la création de valeur et à en assurer une répartition équitable. Il s’agit de permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail, d’accompagner la transformation des modèles de production, et de promouvoir les choix de consommation privilégiant une alimentation saine, sûre et durable.

L’alimentation est un levier essentiel de la RSE. Sur ce dernier point les établissements de santé, plus grand restaurant de France, ouvert 365 jours par an, ont un rôle majeur à jouer. Les initiatives se multiplient dans les cliniques : produits de saison, bio, fruits et légumes issus de jardins cultivés sur site ou de producteurs locaux, menus bas carbone, process renouvelés pour réduire le gaspillage alimentaire. L’alimentation, déterminant fort de santé, est enfin un premier « geste » de santé pratiqué par de nombreuses équipes soignantes, bien au-delà du fonctionnement standard du CLAN.

Certaines actions retenues par les États généraux de l’alimentation concernent les établissements de santé :

  • L’approvisionnement de la restauration collective devra comprendre, en 2022, 50 % de produits sous le signe de la qualité ou locaux, dont 20 % de produits issus de l’agriculture biologique.
  • Le gaspillage alimentaire sera ajouté comme l’un des volets possibles de la responsabilité sociale des entreprises.
  • L’obligation de dons des excédents alimentaires à des associations d’aide alimentaire sera étendue aux établissements de restauration collective et aux industries agroalimentaires, au-delà d’un seuil à déterminer.
  • La prévention, comprenant l’alimentation comme un déterminant majeur de la santé, sera revue en travaillant avec l’ensemble des parties prenantes pour valoriser les comportements alimentaires sains.
  • Les outils nationaux de programmation (PNA / PNNS / PNSE) seront mieux articulés dès mi-2018.