Fil vert du 22 juin 2017

En décembre 2015, dans la dynamique de la COP 21, les cliniques marquaient leur engagement dans la préservation de notre planète et plantaient la Forêt de l’hospitalisation privée. Véritable projet écologique mais aussi économique et social, cette forêt symbolique grandit et produit cette année ses premiers fruits. La nature a des vertus thérapeutiques, celles concernant notre secteur, d’enseigner la ténacité et la patience. Juin, c’est le temps des cerises, tous les espoirs sont permis.

Les initiatives

Allons y à vélo !

Clinique Rive Gauche, Toulouse (31)

La Clinique Rive Gauche ne recule pas devant les challenges : bâtir un nouveau bâtiment HQE en plein centre ville de Toulouse, créer sa propre gamme de puériculture et produits cosmétiques bio pour bébé, ou encore concourir deux fois par an au challenge sportif AYAV, Allons y à vélo ! Organisé par l’association Deux Pieds Deux Roues, ce défi incite à opter, été comme hiver, pour le vélo, pour se rendre sur son lieu de travail. Cette année encore, la clinique a pu compter sur son équipe qui s’est démarquée par un taux de participation record. Il faut dire que la direction prend soin … de son parc de vélo en proposant tous les six mois des ateliers de réparation gratuits pour ses personnels, qui profitent volontiers de ce service rendu. « Notre direction souhaite promouvoir les transports propres auprès des salariés tout en agissant pour leur santé. Nous avons organisé pour cette édition un tirage au sort de gilets et kits de sécurité, l’an dernier nous avions distribué des gilets floqués au nom de la clinique. Le personnel est très engagé et fourmille d’idées ! », explique Katel Eynard, gestionnaire des risques, chargée du développement durable.


La chasse aux PE

Clinique du Fief de Grimoire, Poitiers (86)

La Clinique du Fief de Grimoire se lance dans la chasse aux perturbateurs endocriniens. Sollicitée par l’ARS Nouvelle Aquitaine, elle participe à la mise en place dans son établissement d’un programme de sensibilisation et de prévention à destination des parents des quelques 1 100 bébés qu’elle accueille chaque année. « Nous avons diffusé une plaquette élaborée en coopération avec l’ARS et à destination des jeunes mamans sur les précautions à prendre pendant la grossesse et après, afin d’éviter les expositions. L’établissement souhaite mettre en place des formations pour ses personnels autour de la santé environnementale de la petite enfance. Les professionnels de la maternité doivent se former également », explique Isabelle Mémeteau, attachée de direction et responsable qualité. « À terme, nous planifions de proposer des ateliers sur le sujet en direction de nos parturientes. Nous serons opérationnels début 2018. »

Les bonnes opérations du bloc !

Clinique du Tonkin, Villeurbanne (69)

Opération réussie pour les équipes de bloc de la Clinique du Tonkin qui ont inauguré en début d’année leur nouvelle filière de récupération des métaux rares et précieux issus des dispositifs médicaux à usage unique. Chaque mois, plus de 120 sondes pour stimulation cardiaque sont confiées à un prestataire du territoire, qui, certificat de décontamination à l’appui, récupère les bagues en platine pour leur offrir une seconde vie. « Cette initiative, soutenue par la cellule développement durable de notre groupe, n’a toutefois pu se faire qu’avec l‘adhésion des praticiens, qui se sont prêtés au jeu, et un peu de réorganisation en interne : les bacs de décontamination n’étaient pas en nombre suffisant par exemple. Aujourd’hui, notre prestataire a participé au financement d’un chariot supplémentaire et en retour, nous lui fournissons des certificats d’hygiène en bonne et due forme. Au final, cette nouvelle filière de tri ne nous coûte pas plus cher, voire rapporte… un peu, puisque le prestataire nous rémunère au poids. En mars 2017, les 123 sondes ainsi traitées ont généré 317 € », explique Sophie Caroline Blanc, référente développement durable.

 

Le dossier

L’Agence européenne des produits chimiques Echa (European chemical agency) vient d’adopter la proposition de la France de classer le bisphénol A (BPA) dans la catégorie des « substances extrêmement préoccupantes ». Une grande avancée pour les organisations qui, depuis des années, œuvrent en ce sens, dont le Réseau environnement santé (RES) qui a été à l’initiative de la loi votée en France, proscrivant le BPA dans les contenants alimentaires. « Cette classification concernant le BPA doit être élargie aux grandes familles de perturbateurs endocriniens pour lesquels le dossier scientifique est solidement établi, et en priorité : les phtalates, perfluorés, alkylphénols, polybromés, parabènes et pesticides. La Commission européenne doit maintenant accepter une définition des perturbateurs endocriniens permettant de les éliminer totalement de notre environnement, au lieu d’introduire une différence selon que les effets concernent la santé humaine ou l’écosystème », déclare André Cicolella, toxicologue et président du RES. Pour le Dr Pierre Souvet, cardiologue et président de l’Association santé environnement France (ASEF), reconnaître le BPA comme une substance extrêmement préoccupante était une évidence. « Les revues scientifiques notent depuis longtemps des problèmes sur le développement du cerveau, sur la thyroïde, l’appareil reproducteur. La question suivante est celle des substances de substitution, mais surtout celle de l’exposome. »

« La notion d’exposome est nouvelle, mais majeure. Nous sommes tous exposés à de multiples polluants qui ont des effets parfois synergiques, parfois antagonistes et la durée et l‘âge d’exposition sont fondamentaux. Les règles actuelles de la toxicologie ne sont plus vraies pour les perturbateurs endocriniens.», explique le Dr Souvet. Aux États-Unis, en septembre dernier, la Food and Drug Administration (FDA) a interdit partiellement le triclosan, utilisé comme antibactérien dans les savons. Le triclosan est aussi très présent dans de nombreux produits et DM utilisés par les établissements de santé. « Outre son effet comme perturbateur endocrinien, mettre du triclosan partout favorise la résistance aux antibiotiques », souligne le Dr Souvet. « Le BPA est l’arbre qui cache la forêt. L’exposition à ces substances sont cruciales à certaines périodes de la vie. Une femme qui veut avoir des enfants, doit se préparer avant la grossesse afin de ne pas transmettre via le placenta des substances chimiques à son fœtus. Le conditionnement de l’avenir sanitaire de l’enfant se fait particulièrement au premier trimestre de la grossesse. Il est important que le ministère de la Santé, en lien avec celui de l’Écologie, coopèrent. Et il faut enfin que les médecins soient formés.