Fil vert du 29 juin 2017

Agir pour la planète

Les épisodes de chaleur extrême qu’a connus notre pays nous enjoignent à nouveau à agir contre le changement climatique. Une opportunité de se re-saisir du guide : « L’hôpital agit pour la planète », publié par le C2DS à l’occasion de la COP 21 (http://www.c2ds.eu/edition/). Les enjeux y sont posés, les cadres présentés et des outils sont mis à disposition, parmi lesquels la campagne Twoforten, qui invite les acteurs à réduire de 2 % par an leur production de gaz à effet de serre (http://twoforten.fr).

« Nous n’avons qu’une santé et qu’une planète, soyons responsables »

Ségolène Benhamou, présidente de la FHP-MCO
François Mourgues, président du C2DS

Les initiatives

Communiquer pour fédérer

Clinique Conti, L’Isle-Adam (95)

Veiller au bien-être au travail fait partie intégrante d’une démarche de développement durable. Deux fois par an, les personnels de la Clinique Conti sont invités à une vraie séance d’échanges et de partage avec leur direction. «Nous avons organisé notre première réunion sur le thème ‘partager les projets’, en fin de journée à 19h30, de manière à ce que les personnels de nuit puissent y participer. Ils étaient ravis de cet horaire. La salle était pleine et les débats très constructifs. Les absents ont pu visionner par la suite la réunion sur notre intranet » expliquent Catherine Morvan, directrice et Marion Potier, responsable qualité en charge du développement durable. La direction en est certaine : prendre ce temps pour communiquer a des bénéfices réels sur le bien-être au travail, la motivation et le stress des personnels, qui se sentent considérés et trouvent mieux leur place dans l’organisation complexe d’une clinique. « Le Petit Conti »,  journal interne mensuel apprécié par tous et ouvert vers l’extérieur, participe aussi à l’information et la création de lien entre tous.


Atelier Nesting

Polyclinique de Navarre, Pau (64)

Corinne Morales et Michèle Massal, toutes deux sages-femmes de la Polyclinique de Navarre à Pau, sont les ambassadrices des ateliers Nesting. Littéralement « faire son nid », cette démarche  vise à créer un environnement intérieur sain pour l’enfant, par exemple à repérer les polluants dans la maison pour en limiter l’impact sur la santé. Depuis juillet 2016, Corinne et Michèle reçoivent deux fois par mois des groupes de parents de bébés nés à la Polyclinique et partent en mission à l’extérieur, dans le cadre du projet de prévention « hors les murs », soutenu par l’ARS Nouvelle Aquitaine. « Nous avons suivi une formation de six jours. Notre mission est de sensibiliser les jeunes parents mais aussi un public plus large et notamment les professionnels de santé et de la petite enfance à la santé environnementale, en relation avec nos lieux de vie et les produits qui s’y trouvent », expliquent-elles. Quelle est la pièce la plus saine de votre maison ? Quels sont les produits couramment utilisés les plus nocifs pour la santé et l’environnement ? sont les questions souvent posées. « Nous proposons aux participants des échantillons de produits cosmétiques et de nettoyage et chacun donne son avis sur leur degré de nocivité à l’aide de vignettes rouges, vertes et orange. Des discussions argumentées s’ensuivent, c’est très vivant », expliquent-elles. En bref,il s’agit d’impulser des changements d’habitudes durables.

Salute « à la carte » !

Hôpital universitaire privé San Raffaele, Milan, Italie

Ce CHU privé a ouvert l’an dernier son premier restaurant “EAT” dans sa maternité de Madonnina dans le centre ville de Milan, une initiative très originale pour déployer en direction du grand public son programme EAT sustainable food programme, d’éducation nutritionnelle pour la préservation de la santé. L’objectif est de servir une nourriture saine et gouteuse, locale et bien évidemment cuisinée dans la pure tradition de la cuisine italienne. Chaque mois, des chefs de la prestigieuse association des Jeunes Restaurateurs d’Europe proposent de nouveaux menus à ce restaurant, également ouvert au grand public. Les clients peuvent aussi connaître l’apport calorique des plats à l’aide d’une tablette mise à disposition. Fort de son succès, le CHU privé vient d’ouvrir son “EAT” bar, très fréquenté par les étudiants, qui propose des plats froids et des sandwichs confectionnés suivant les mêmes exigences. Enfin, les premiers distributeurs automatiques de snacks sains appelés «Feed Your Health » (nourris ta santé) ont été placés dans l’hôpital avant d’être proposés à des écoles, entreprises, etc.
http://www.eat-restaurant.it/en/index.html

 

Le dossier

Hypnose, sophrologie, ostéopathie, acupuncture…

Les médecines alternatives et complémentaires (MAC) répondent aux trois exigences du développement durable, qui doit être économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable. En France, les MAC ont mis du temps à émerger au sein des établissements de soins, d’abord préoccupés par les aspects techniques du développement durable : gestion des déchets et économies d’énergies.

Précurseur dans le domaine, le C2DS a organisé le 21 juin sa 2e journée thématique consacrée aux MAC, qui a réuni 50 participant(e)s – médecins, chirurgiens, cadres de santé, infirmières, ostéopathes, etc. –  salariés ou libéraux, exerçant en cliniques ou en hôpitaux.

La première journée, en novembre 2016, avait permis de délimiter un cadre sémantique et juridique, et de dresser un état des lieux des différentes pratiques. Les participants avaient alors souhaité que soit abordée la question de la formation. En effet, en dépit d’une demande croissante de la part des patients, et de la multiplication des expérimentations en service de soins, les MAC souffrent encore d’une certaine défiance. Le Cnom ne reconnaît pour l’instant que l’homéopathie, l’acupuncture, la mésothérapie, et l’ostéopathie. Pour gagner en légitimité, le sérieux de la formation des praticiens est indispensable. Comment se former à ces pratiques ? Quel organisme de formation choisir ? Comment s’assurer de la qualité de la formation d’un intervenant extérieur ?

Le 21 juin, Les intervenants – chefs de services, médecins, acupuncteurs, ostéopathes, responsables de formation – ont éclairé l’assistance sur ces points essentiels que sont le cadre règlementaire, les cursus, et les critères de choix d’un organisme de formation.

Un mouvement de fond est amorcé

Les initiatives, hier confidentielles, sont maintenant scrutées par l’ensemble des hospitaliers publics et privés. Les intervenants ont donc donné quelques clefs pour structurer et intégrer ces pratiques au cœur des établissements de soins, en s’appuyant sur leurs propres expériences : création d’un département de médecines intégratives (homéopathie, acupuncture, ostéopathie, réflexologie etc.) dans un groupe hospitalier, développement de thérapies complémentaires (hypnose, sophrologie et toucher-massage) dans un CHU, intégration d’un ostéopathe dans un établissement de dialyse.

Les MAC doivent aussi se structurer à plus grande échelle, hors des clivages entre personnels médicaux et paramédicaux, ou entre secteurs public et privé. Ce fut un autre objectif de cette journée : créer des ponts entre professionnels et réseaux existants.

Le prochain enjeu sera l’évaluation de ces nouvelles pratiques. Plusieurs universités travaillent sur ce sujet. Par ailleurs, l’étude randomisée « TANDHEMS : Le toucher-massage contre l’anxiété en hématologie stérile ou l’impact de la pratique du toucher-massage sur l’anxiété des patients atteints de pathologies hématologiques graves, hospitalisés en secteur protégé », menée par Armelle Simon, infirmière au CHU de Nantes, fera prochainement l’objet d’une publication.

Le C2DS prévoit déjà une 3e journée thématique sur les MAC… Rendez-vous en 2018 !