Rubrique Développement Durable du 13h du 11/12/2018

Voix centrale

Pendant son arthroscopie du genou, le 9 octobre, le patient se baladait quelque part en Thaïlande et les quelques douleurs ressenties n’étaient que des piqûres de moustiques… Une démonstration impressionnante de l‘efficacité de l’hypnose.

C’est le Dr Grégory Falk, médecin-anesthésiste de la Clinique chirurgicale Porte Océane (Les Sables-d’Olonne), qui accompagnait le patient. Pour cette intervention, le praticien n’a eu recours qu’à une une simple anesthésie locale, et la mobilisation des ressources propres du patient.

Ce jour-là, le patient n’a pas hésité, convaincu par un test rapide : en quelques instants il n’était plus capable de décoller ses deux mains ou de plier son bras. « La clef, c’est de démystifier l’hypnose, qui n’est qu’une technique de communication, puis de prouver son efficacité au patient, aux soignants, et aux chirurgiens » précise le Dr Falk. Pour cela, il a hypnotisé brièvement, un par un, tous les soignants qui le souhaitaient. Tâche plus rude pour les chirurgiens, peu enclins à lâcher prise. C’est donc à l’occasion d’une CME qu’il a proposé une séance d’hypnose collective. Les médecins, s’inclinant de plus en plus vers l’avant et l’arrière sous l’effet de la suggestion, avaient les pieds tellement rivés au sol que certains ne pouvaient plus les décoller en fin de séance. De quoi convaincre les plus réticents.

« L’hypnose n’est pas une mode mais un véritable outil thérapeutique. Dans 10 ans, je pense qu’elle sera enseignée aux internes en anesthésie, peut-être à tous les internes car elle peut être utilisée lors de tout acte de soin désagréable ou douloureux » explique le Dr Falk, qui a commencé à sensibiliser le personnel du bloc à la communication thérapeutique : « Adapter simplement notre comportement, notre façon de parler aux patients, cela les anxiolyse. » Pour sa part, il l’a utilisée la première fois sur une patiente phobique des piqûres qui nécessitait une rachianesthésie. Elle n’a rien senti lors de la pose de perfusion, puis, rassurée, a accepté sans difficulté la rachianesthésie, toujours sous hypnose. Pour le Dr Falk, il s’agit maintenant d’en diversifier les indications : lifting, ablation des dents de sagesse, thyroïdectomie, etc. Les chirurgiens se laissent peu à peu convaincre, quitte à bousculer leurs habitudes. Ils doivent attendre que le patient soit en transe, puis veiller à ce que toute l’équipe se concentre pour ne pas perturber le récit en cours. Surtout, ils doivent travailler en parfaite synchronisation avec l’anesthésiste qui adapte ce récit au fil de l’intervention. La lampe scialytique se rapproche du visage ? C’est simplement le soleil qui sort des nuages…

L’hypnose bouscule idées reçues et habitudes, mais ses avantages sont indéniables : ambiance zen au bloc opératoire, aucun risque d’allergie ou d’effets secondaires des médicaments puisqu’on n’en injecte pas, et pour les patients un souvenir agréable de l’intervention. Des patients qui sont d’ailleurs de plus en plus demandeurs de cette technique émergente. « Pendant et après leur séjour, leur satisfaction est notre priorité » souligne Daphné Royal, directrice de la clinique. Par la communication positive, le soignant recherche le bien-être de son patient. Mme Royal se réjouit de l’impact bénéfique de cette approche qui donne satisfaction aux équipes, instaurant une relation bienveillante et apaisée.