Rubrique Développement Durable du 13h du 28/01/2019

Couches : la vigilance s’impose

L’Anses alerte sur la présence de substances dangereuses dans les couches à usage unique. Puisque les parents privilégient celles utilisées ou recommandées dans les maternités, les professionnels de santé de ces services doivent être vigilants.

Le rapport de l’Anses, publié le 23 janvier, révèle « la présence de différentes substances chimiques dangereuses dans les couches jetables, qui peuvent notamment migrer dans l’urine et entrer en contact prolongé avec la peau des bébés ». Il précise que « plusieurs substances chimiques dépassent les seuils sanitaires » et que par conséquent « il n’est pas possible   d’exclure  un  risque  sanitaire ». Or,  jusqu’à  ses  3  ans,  un  bébé   porte  en    moyenne   4 000 couches jetables.

Une soixantaine de ces substances ont été retrouvées dans  toutes  les  couches  testées,  y compris « écologiques » : composés organiques volatils (benzènes, etc.), pesticides (dont certains interdits en France depuis plus de quinze ans), formaldéhyde, dioxines, glyphosate (présent dans l’herbicide de Monsanto), ainsi que des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP, cancérigène) que l’on retrouve dans les moteurs diesel. Ces substances proviennent soit d’une contamination des matériaux soit de la fabrication du produit. Des substances parfumantes, ajoutées par les industriels, sont aussi incriminées.

Les risques ne se limitent pas à de simples irritations cutanées puisque certains de ces agents ont des effets allergisants, cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques voire sont considérés comme des perturbateurs endocriniens. L’Anses précise même qu’« il n’est pas à exclure que l’exposition cumulée par différentes voies d’exposition conduise à une augmentation des risques estimés ».

L’Anses recommande notamment de supprimer toutes les substances parfumantes, d’améliorer les procédés de fabrication, de déterminer une concentration maximale pour les dioxines, et de poursuivre les études scientifiques en se rapprochant le plus possible d’une utilisation réelle de la couche (protocoles de recherche utilisant de l’urine de bébés).

L’agence Primum Non Nocere® avait joué son rôle de lanceur d’alerte dès 2016 en faisant analyser les couches d’une marque réputée par un laboratoire indépendant, puis en interpellant l’Anses et la DGCCRF.