Fil Bleu du 26 mars 2019


Prévention et dépistage : tous concernés
Centre Hospitalier Privé de l’Europe, Le Port-Marly (78)

À l’occasion du mois « Mars Bleu », l’établissement organisait le jeudi 21 mars une Journée « Portes ouvertes » dédiée à l’information sur le dépistage et la prévention en présence des équipes médicales et soignantes.

Comme chaque année, les professionnels du CHPE se sont fortement engagés aux côtés de la Ligue contre le cancer et de l’Association de Dépistage de Masse organisé dans les Yvelines (ADMY). Pour sensibiliser et expliquer sans relâche, les chirurgiens digestifs, oncologues et gastro-entérologues étaient présents, ainsi que les équipes des soins de support. Parmi les visiteurs, outre les patients et leurs accompagnants figuraient également les personnels des services de soins, administratifs ou techniques. Un intérêt suscité notamment par l’approche ludique proposée avec côlon gonflable, lunettes 3D, et quizz sur tablette. Se détendre… Pour mieux comprendre et entendre les messages de prévention.

Faits et gestes
Clinique Esquirol Saint Hilaire et
Clinique Calabet, Agen (47)

La prévention est l’affaire de tous. Encore faut-il que les messages soient adaptés à tous les publics, que personne ne soit laissé de côté. Une évidence pour la clinique qui sait trouver les mots, et les gestes.

Pour Octobre Rose, la clinique avait participé à la réalisation d’un clip à destination notamment des personnes sourdes car « signé » en Langue des Signes Française. Un tel succès que les conférences grand public organisées par l’établissement sont désormais accessibles à cette population souvent délaissée. La conférence Mars Bleu du 19 mars était animée par deux praticiens de la clinique et un médecin du Centre d’examens de santé 47. À leurs côtés, 2 interprètes « signaient » leurs propos à destination d’une vingtaine de personnes malentendantes parmi les cinquante présentes. Une occasion rare de suivre les explications sur le cancer colorectal et de poser des questions malgré le handicap. Autre dispositif très visuel, la démonstration d’une coloscopie avec une colonne d’endoscopie et une vidéo à l’appui.

Cette journée avait commencé par une action de sensibilisation du grand public, grâce à un dispositif pédagogique complet : un WC équipé d’un kit de dépistage, un côlon gonflable, des lunettes 3D et un endoscope présentés par des partenaires. Le Comité de cancérologie du Lot-et-Garonne, l’association François Aupetit, le Centre d’examen de santé 47 et le Comité féminin 47 avaient aussi répondu à l’appel. Cette dernière association, qui faisait à l’origine la promotion du dépistage du cancer du sein, promeut également celui du cancer colorectal. Elle accompagne la clinique et le Centre d’examen de santé dans un nouveau projet : promouvoir le dépistage auprès des personnes défavorisées, dans leurs quartiers. Leur délivrer une information simple, sur place, et dans leur langue maternelle si besoin. 3 conditions nécessaires pour que la prévention devienne vraiment l’affaire de tous.

Attention, spoiler !
Clinique Saint-Joseph, Trélazé (49)

Le feront-ils ? Lorsque les médecins s’engagent pour Mars Bleu, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes et n’hésitent pas à tomber la chemise… ou presque !

 

Ca, c’est du teasing ! Cette technique publicitaire consiste à « aguicher » le spectateur par un premier message puis à révéler la suite plus tard. 7 médecins – anesthésiste, cardiologue, gastroentérologue, etc. – se sont prêtés au jeu : poser devant un photographe professionnel pour réaliser 2 affiches. Sur la première, ils s’apprêtent visiblement à « baisser leur pantalon » pour sensibiliser au dépistage du cancer colorectal. La seconde a été publiée, comme annoncé, le 25 mars. Attention, spoiler ! … Pas d’ « exhibition » cette fois-ci, mais un message pour rappeler que le dépistage, c’est « MAINTENANT ». Ton décalé et buzz assuré pour ces 2 photos abondamment relayées sur les réseaux sociaux des membres du personnel.

Plus classique, mais tout aussi efficace, la Marche Bleue du 17 mars. 200 participants en 2017, 250 en 2018… Cette année, 370 personnes – dont une quarantaine de membres du personnel de la clinique – se sont élancées pour une nouvelle édition de cet évènement organisé par l’association Picasso. Créée en 2013 par les soignants du service de chimiothérapie de l’établissement, et présidée par le Dr Stéphanie Pimont, gastroentérologue, l’association vise à améliorer le confort des patients et limiter les effets secondaires liés au traitement.

Pour ne plus fermer les yeux  
Polyclinique de Picardie, Amiens (80)

Une journée d’action sous le signe du « Bien-être » ce lundi 18 mars : une manière pour les intervenants d’aborder le thème délicat du cancer colorectal dans une ambiance détendue.

Le temps fort de cette journée particulièrement riche aura sûrement été la séance d’hypnose collective : 25 personnes amenées ensemble, par la voix de l’hypnothérapeute qui intervient dans l’établissement, à « faire le tri » et se relaxer. Autres moments de douceur, les séances de massages assis, proposées par une aide-soignante qui pratique régulièrement, et celles de réflexologie plantaire. À 15h, place au sport pour la quinzaine de visiteurs qui ont découvert le Pilates. Côté sensibilisation, la Ligue contre le cancer, la CPAM et le Centre régional de coordination des dépistages des cancers des Hauts de France étaient présents. Un laboratoire partenaire proposait une démonstration de matériel de stomie, un autre présentant de la lingerie spécifique pour les personnes stomisées. La diététicienne de la polyclinique quant à elle abordait la nutrition, en prévention du cancer mais également après une intervention chirurgicale.

Faire le point
Clinique du Val d’Ouest, Écully (69)

Chaque année, Mars Bleu est l’occasion pour la clinique de proposer une action de formation à destination des médecins de ville. Au programme : les nouveautés dans le domaine de l’hépato-gastro-entérologie.

Ce 4 mars, la conférence portait notamment sur les bonnes pratiques et les innovations dans la prise en charge du cancer colorectal. Autres thèmes abordés : « Génétique : quels tests et quelles prédispositions ne pas oublier en pratique », « Les indications de l’endoscopie en pédiatrie », « Quelles indications pour la pathologie diverticulaire en 2019 », et « L’extinction programmée du virus de l’Hépatite C ». Modérée et animée par l’équipe des hépato-gastro-entérologues de la clinique, cette conférence a réuni une vingtaine de personnes dont des généralistes, des chirurgiens viscéraux ou encore des pédiatres.

Sur la route du Tour  
Clinique Synergia Ventoux, Carpentras (84)

Si le Mont Ventoux à l’habitude de voir passer les « boyaux » de valeureux cyclistes, c’est à son pied que le « Côlon Tour » faisait étape ce lundi18 mars.

 

La structure gonflable géante était installée – à l’abri du vent – sur le parvis de l’établissement. À proximité immédiate des stands des associations et partenaires locaux dont La Ligue contre le cancer 84 et l’association pour le dépistage des cancers en Vaucluse (ADCA 84). Le Lions Club des Dentelles de Montmirail proposait à l’entrée du bâtiment une vente de bouquets de tulipes au bénéfice de la Ligue contre le cancer. Par ailleurs, une soirée à destination des médecins généralistes locaux se tiendra à la clinique jeudi 28 mars. Le thème : « Autour du cancer colorectal dans le Vaucluse ».

Ces actions ont été relayées sur Facebook, ainsi que des vidéos et infographies relatives à Mars Bleu. 2 posts, les 14 et 15 mars, annonçaient le passage du « Côlon Tour » et présentaient une synthèse des informations clés sur le cancer colorectal : définition, facteurs de risque et dépistage.

 

Antoine Deutsch
Responsable de projets au sein du département prévention de l’INCa

Pourquoi cette nouvelle campagne de l’INCa ?
Tout simplement parce que nous savons que nous pourrions prévenir 40 % des cancers, mais que pour cela il faut d’abord combattre les idées reçuesd’une majorité de Français à ce sujet. « Ce sont surtout les alcools forts qui sont mauvais pour la santé », « Le principal risque avec l’alcool, ce sont les accidents de la route et la violence », « Boire des sodas ou manger des hamburgers est aussi mauvais pour la santé que de boire de l’alcool », etc. Autant de croyances qui empêchent d’agir contre son risque de cancer.

Par ailleurs, le cancer est perçu comme une maladie sévère, beaucoup plus grave que le VIH et les maladies cardio-vasculaires et un tiers des personnes estiment que l’on ne peut rien faire pour l’éviter, alors que des changements de comportements peuvent nous permettre de prévenir 40 % des cancers 2. Autre fait marquant, plus de 60 % d’entre elles pensent que cette maladie est héréditaire, alors que la part de cancers d’origine génétique est de moins de 10 %. Avec cette campagne, l’INCa souhaite permettre à chacun d’accéder à des informations objectives et essentielles à la compréhension des risques liés au cancer.

Quels sont les messages à faire passer ?
Cette campagne se base sur les données du rapport réalisé avec le Centre International de Recherche sur le cancer (CIRC) publié en juin 2018. L’origine des cancers peut être multifactorielle et un facteur de risque peut provoquer plusieurs types de cancers. Ce rapport précise pour chacun d‘entre eux leur poids dans la survenue de la maladie. 1er facteur, le tabac qui contient plus de 7 000 substances chimiques, dont 70 cancérogènes. Sur les 400 000 nouveaux cas de cancers diagnostiqués par an, 20 % sont dus à sa consommation et il est à l’origine de 45 000 décès. Il peut être responsable de 17 cancers différents dont celui du côlon. 33,7 % des personnes interrogées pour le Baromètre cancer 2015 pensent que « Fumer ne peut provoquer un cancer que si l’on fume beaucoup et longtemps ». 70 % d’entre elles adhérent à l’idée que « Le sport permet de se nettoyer les poumons » ou que « Respirer l’air des villes est aussi mauvais pour la santé que de fumer des cigarettes ». Autant de perceptions erronées…

L’alcool, 2facteur de risque évitable de cancer, est lui incriminé dans 28 000 nouveaux cas par an. Il est souvent associé au cancer du foie alors qu’il est en fait à l’origine de 7 localisations de cancers, dont 8 081 cancers du sein et 6 654 cancers du côlon et du rectum. Les cancers attribués à l’alcool entraînent chaque année 16 000 décès. Là aussi, les représentations sont tenaces : 84,9 % des personnes interrogées pensent que « Le principal risque avec l’alcool, sont les accidents de la route et la violence » et 1 personne sur 2 adhère à l’affirmation selon laquelle « Ce sont surtout les alcools forts qui sont mauvais pour la santé ». Or le risque de cancer intervient quel que soit le type d’alcool consommé. Le 3facteur est à part égale lié à une alimentation déséquilibrée (5,4 %) et au surpoids et à l’obésité (5,4 %).Le caractère protecteur des fruits et légumes est connu pour 58 % des personnes interrogées, mais 33,5 % pensent que la viande rouge n’a pas d’influence sur le risque de cancer. Or celle-ci a été classée comme probablement cancérogène pour l’homme par le CIRC. Des études épidémiologiques ont notamment montré une association entre sa consommation et le développement d’un cancer colorectal.

Que diriez-vous aux professionnels des établissements de santé privés ?
Il faut délivrer une information claire, pour en finir avec des idées reçues qui empêchent les personnes d’agir, et de diminuer leur risque de cancer. Rappeler les actions simples et les changements de comportements à adopter. La prévention est l’affaire de tous, y compris des professionnels de santé, qui peuvent transmettre ces notions de prévention pour accompagner leurs patients dans de meilleures habitudes à adopter face à ces facteurs de risque. Leur expertise fait qu’ils sont entendus. Leur relai est précieux. Nous avons notamment réalisé 3 films de 20 secondes. Le film « Nous ne sommes pas impuissants face aux cancers », diffusé en TV et sur les réseaux sociaux rappelle que nous pouvons prévenir 40 % des cancers. Il donne des exemples concrets d’actions à mettre en place. Les deux autres films, « Tabac et cancers » et « Alcool et cancers », uniquement diffusés sur les réseaux sociaux, ciblent plus particulièrement les 25-35 ans ; un âge où l’on peut plus facilement modifier ses habitudes de vie… Cette campagne est aussi relayée dans la presse. Le ton se veut informatif et non dirigiste. L’objectif étant de donner à chacun le pouvoir d’agir. Savoir, c’est pouvoir agir…

1-Enquête INCa-SpF « Baromètre cancer », 2015.
2-Rapport CIRC-INCa, « Les cancers attribuables au mode de vie et à l’environnement en France métropolitaine », juin 2018.

 

Crédits photos : Centre Hospitalier Privé de l’Europe, Clinique Esquirol Saint Hilaire, Clinique Saint-Joseph, Polyclinique de Picardie, Clinique du Val d’Ouest, Clinique Synergia Ventoux